Nous sommes le 30 octobre 2026, notre pays a été mis à feu et à sang il y a quelques jours et menace de recommencer « ad nutum ».
Personne n’est satisfait : les lycéens se plaignent et manifestent, des casseurs s’y joignent et vont jusqu’à brûler la mairie de Limoges. En une journée, il y a eu 937 blessés dans les forces de l’ordre, 248 élèves touchés également ainsi que 165 personnels de l’éducation nationale – lesquels se sont assez souvent solidarisés avec les élèves qu’ils sont censés éduquer et encadrer.
En parallèle se prépare l’élection présidentielle pour le moins touffue et la discussion budgétaire qui semble avoir bien du mal à avancer, en particulier sur les retraites, les impôts et les mesures à prendre.
À ce stade il me semble qu’il serait sain de se remémorer un certain nombre de vérités ayant une influence majeure sur notre réflexion :
Côté recettes : la France a un comportement très médiocre : niveau de vie relatif à la dérive, croissance du PIB faible, amélioration du niveau de vie : nulle ou faible, uniformément contestée.
Côté dépenses : la France explose tous les compteurs : hausse quasi générale des dépenses publiques et sociales, envolée de la dette, de son service et de son poids dans le PIB, et déficit de la balance commerciale. Évolution dramatique et déséquilibres des systèmes de retraite et de la dette (encore accentué par la hausse des taux) ; comportement similaire des dépenses locales…
1,
Question retraite : personne ne parle de l’évolution de l’espérance de vie. En moyenne, depuis 1950, les Français viennent de gagner subrepticement 17 ans supplémentaires d’espérance de vie ! Gageons que ceux qui ont mis en place le système par répartition n’avaient à aucun moment imaginé un tel succès ! En 1950, celle-ci était de 66 ans. En 2025 nous atteignons 83 ans ! Et cela continue, moins vite certes, mais souvent de manière plus coûteuse, car les clients des médecins sont, c’est bien connu, les enfants et les gens âgés. Que nous soyons jeune, actif, ou retraité, nous devrions avoir le courage de regarder cette bénédiction (au moins dans son principe) en face et d’envisager raisonnablement une adaptation du modèle par un effort collectif. A date, ce n’est qu’une « patate chaude ».
2.
Question pyramide des âges : de la même manière, nous avons imaginé un système basé sur une population du pays qui croissait quelque peu chaque année du fait de naissances (ou d’immigration) supérieures au décès. Le système de financement de l’ensemble reposait largement sur ce constat : mais ce n’est plus vrai ! La France, après avoir résisté plusieurs années à cette tendance générale dans les pays développés, a rejoint le peloton et nous dirige désormais vers une pyramide des âges dite « en kebab » c.a.d. des naissances inférieures à celles de la génération précédente. Chaque génération, successivement fait moins d’enfants que la précédente ce qui entraîne à terme la détérioration du taux actifs / « assistés » ». Est-ce dû à un changement de société ou à une décision collective « d’économiser » sur l’élevage des générations futures : questions sans réponse à date, mais le constat est là et questionne encore plus le système par répartition pure et l’avenir du pays.
3.
Question enseignement et éducation : en France, le symbole de l’éducation, c’est le baccalauréat. Nous avons donc décidé il y a quelques années que tout le monde devait y arriver pour des raisons d’amélioration des compétences de la main d’œuvre, mais aussi, au passage, pour une résorption des inégalités et pour une augmentation de la liberté des choix. Le problème est qu’au passage, on a oublié que l’école était d’abord faite pour instruire et fournir des titulaires compétents pour des jobs nécessaires. On a assez rapidement atteint 85 pour cent de « bacheliers », mais c’est surtout en aménageant la notation. Tout le monde se retrouve donc avec un diplôme qui ne correspond plus à grand-chose et comme dommage collatéral un enseignement supérieur inondé. Deuxième conséquence plus grave : cette sélection, qui ne se fait plus pendant le cursus scolaire se fait désormais dans la vie professionnelle : avec un « mauvais » bac de faible niveau ou sans débouché, ce diplôme n’assure plus un emploi. Les horaires, les locaux, les remplacements n’étaient pas beaucoup mieux il y a 50 ans, mais les études, parfois dures certes, amenaient à une situation ! La déception est bien entendue immense et pour cause (pour information en Suisse on forme les gens en fonction des jobs à pourvoir). Cela n’empêche pas d’évoluer : ils ont instauré des passerelles.
Au passage, réglons le problème des « moyens » de l’éducation et des faiblesses de PARCOUR SUP. Le gouvernement vient de négocier curieusement : il a donné satisfaction à la totalité ou quasiment des demandes des élèves, mais sans obtenir en contrepartie l’arrêt des manifestations. Nos politiques devraient aller prendre des leçons de négociation dans les commissions d’achat de Leclerc ou Carrefour. (négociation = donnant <> donnant). Quant aux casseurs, s’il existe un droit de manifester, il en existe aussi un pour posséder un commerce ou utiliser un abribus. Donnons le droit aux manifestations, mais dans un terrain « neutre » type Mourmelon ou le Larzac ou un stade ! Cela diminuera les pillages et se transformera peut-être en rêve-party !
4,
Question de la dette
Si un quelconque lecteur s’est retrouvé un jour incapable de payer son échéance ou d’obtenir un prêt pour passer un cap difficile et que tout s’est bien terminé, qu’il nous écrive. Comme disait l’économiste Milton Friedman : « There is no free lunch ! »
Et il arrive toujours un moment où toute dette devient insoutenable. C’est le plus fort taux de croissance des dépenses collectives ! La dette devrait représenter 3 700 Milliards d’€ à fin 2026, soit presque 120 % du PIB annuel de la France. Les français vivent à crédit !
5.
Question sur l’évolution de la fonction publique (et assimilés)
La fonction publique en France s’est constituée au fil du temps par couches successives et n’a jamais fait réellement l’objet d’une remise en cause fondamentale ou d’une recherche globale de productivité. Pourtant, depuis Jules Ferry ou Louis XIV on a inventé beaucoup de nouvelles choses. On peut tout de même se poser des questions : pourquoi la SNCF est-elle considérée comme une activité pénible justifiant des carrières plus courtes ? Il n’y a plus depuis longtemps de locomotive à vapeur ! Pourquoi les professeurs de lycée ou de collège ont-ils des horaires aménagés alors que l’on a inventé l’informatique, la télétransmission voire l’examen en QCM ? Fonction publique et productivité ont manifestement du mal à se rencontrer !
CONCLUSION : IL FAUT BOUGER ET VITE
Dans les 10 ans qui viennent, soit les Français auront retroussé leurs manches et accepté les contraintes de la recherche d’un nouveau modèle plus favorable à la croissance et aux entreprises, vraies créatrices de richesses, ou bien notre pays continuera de s’enliser, doucement ou violemment, dans la médiocrité et plus tard la pauvreté.
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