On ne parle plus ces jours-ci, que du prix de l’essence et du détroit d’Ormuz, seulement connu jusqu’à maintenant par la bande dessinée de Blake et Mortimer : « Le Secret de l’Espadon ».
Le blocage intempestif de ce détroit se révèle désorganiser à lui tout seul l’ensemble des marchés de l’énergie et des matières premières mondiaux. En effet, ce dernier ne bloque pas simplement les approvisionnements pétroliers et gazeux, mais a également par contrecoup des répercussions sur l’ensemble des consommations d’énergie, ingrédient indispensable de la plupart des activités humaines.
La conséquence immédiate – en attendant d’éventuelles pénuries – est une nouvelle flambée irrépressible des prix du pétrole et quelque part de son premier dérivé : l’essence ! Les victimes en sont quasi directement l’ensemble des transports et des industries, mais aussi l’ensemble des consommateurs, par le biais du « plein d’essence », dont le prix au litre en France dépasse désormais les deux euros.
Dans cette situation et dans la quasi-impossibilité d’échapper à cette hausse, quelques questions ?
Question numéro un ?
Cela va-t-il durer ? Oui probablement, car non seulement le conflit n’est pas apaisé, mais cette espèce de COVID économique a fait des dégâts considérables dans des réseaux économiques délicats et compliqués qui mettront du temps à s’en remettre, sans compter la confiance perdue. Le prix moyen demain s’établira probablement au-dessus du prix ancien. Sa seule vertu, inespérée, est son incidence indirecte sur l’utilisation d’autres énergies. (Les ventes de voitures électriques redémarrent !).
Question numéro deux ?
Qui va payer ?
L’Etat ? Dans le cadre de l’État Nounou, encore globalement en vigueur, les professionnels et particuliers consommateurs réclament à grands cris des aides de l’État. Pour la première fois depuis longtemps ce dernier a d’abord refusé en expliquant que les caisses étaient vides ! Depuis et sous la pression, il lâche un peu de lest, de-ci de-là, pour empêcher l’incendie de s’étendre et pour soutenir les activités les plus touchées.
Le Consommateur ? Sauf cas exceptionnel et par nécessité, l’État, à date, renvoie la facture au consommateur qui d’ailleurs finira peu ou prou par la retrouver dans l’inflation.
Le groupe TOTAL ? En toile de fond de cette question, le groupe TOTAL ENERGIES a, semble-t-il, réussi à réserver des approvisionnements plus normaux avant la crise et – au moins dans une certaine mesure – avant la flambée des prix. Il a donc appliqué une hausse « plus acceptable » de ses tarifs en France (le fameux 1,99 € le litre) et le Groupe, pour le premier trimestre 2026, a dégagé au passage un très solide bénéfice « exceptionnel ». Cette politique en France a déplacé fortement la consommation vers ses stations affiliées. Il apparaît donc simultanément comme le défenseur du consommateur, mais aussi le profiteur de la crise. Nombreux sont ceux qui considèrent qu’il a fait des profits exceptionnels1 à cette occasion et donc qu’il doit payer. L’argent des autres est toujours bon marché ! A signaler également que son activité française ne représente qu’une partie minoritaire de son activité.
Les actionnaires de TOTAL ENERGIES ? Pour être tout à fait juste il est bon de faire remarquer que Total est une société par actions et que tout prélèvement inhabituel imposé à la société sera en fait payé par les actionnaires qui verront leurs dividendes et le cours de l’action diminués d’autant. À ce titre d’ailleurs, on pourrait envisager de taxer les gains des loteries diverses, exceptionnels eux aussi.
A signaler : Les offres concurrentes en particulier celles des distributeurs se sont trouvées décalées d’où une perte importante de fréquentation : ces derniers se plaignent particulièrement de Total, considérant qu’il est à la fois juge et partie dans cette querelle, puisqu’il est souvent leur fournisseur en même temps que leur concurrent. Au passage, Total s’approprie en partie l’image de défenseur du consommateur.
Les responsables de la situation ? À savoir les pays du Moyen-Orient et les États-Unis : il est bien difficile de trier dans cette guerre qui passe régulièrement d’une situation larvée à une situation explosive. Au demeurant et dans tous les cas il est fort peu probable que ni l’Iran, et ses sous-produits (Hezbollah et autres), ni les États-Unis, ni Israël, ni le Liban, ni … on ne sait où arrêter la liste ! acceptent de payer, même au titre de dommages de guerre !
Nous sommes devant un grand jeu de « patate chaude » que les uns et les autres se repassent jour après jour. Il serait temps que la situation se calme.
Pronostic ? Une répartition entre l’État pour les cas critiques, les consommateurs pour la plus large part, Total et ses actionnaires pour un complément ! Probablement pas les responsables, si on était capable de les identifier et surtout de les faire payer.
À ce propos, on pourrait faire remarquer que cette crise n’est que le rocher émergé de la lutte de différents empires en concurrence : les USA bien sûr (mais aussi un peu l’Occident), l’empire Perse également, l’empire islamique, Israël, voire l’empire Ottoman …. (La Russie et la Chine ne sont pas loin non plus ).
Chacun veut non seulement garantir sa part et protéger son style de vie (toujours le mien le meilleur), mais encore l’exporter. Pourquoi ne pas s’occuper d’abord de faire progresser son pays dans son périmètre existant, d’améliorer le sort de sa population dans ses coutumes propres qu’elle a le droit légitime de revendiquer.
- on glose beaucoup ces derniers temps sur la notion « d’exceptionnel », peu ou mal définie ↩︎
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