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Normes et Justice : Mr Jekyll and Mr Hyde

par Yves Buchsenschutz
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Le drame de Lyhanna, collégienne de 11 ans, violée et assassinée par une personne déjà connue pour ce genre de dérives et laissée en liberté, n’a de cesse de remuer notre pays, tant il est incompréhensible et insupportable.

Il va jusqu’à remettre en cause le fonctionnement de notre justice, ce qui est inévitable. Au-delà de l’indignation, légitime, il pose le problème général de la norme et de son respect spontané ou imposé, historique ou en évolution, maîtrisable ou non.

Si on se tourne vers les dictionnaires la définition de la norme peut se caractériser comme suit :

Norme :  1 règle, principe et critère auxquels se réfère tout jugement : se fonder sur la norme admise dans une société ; 2 ensemble des règles de conduite qui s’imposent à un groupe social ; 3 dans l’industrie, règles fixant les conditions de la réalisation d’une opération ou de l’exécution d’un objet.

Parmi les plus célèbres, on peut citer les langues, les coutumes, les religions, les usages, etc. Toutes les normes, en effet, ne sont pas gérées comme telles, bien qu’elles soient des biens communs qui permettent la vie en communauté.

Plus précisément, elles font l’objet d’une organisation mondiale, l’ISO, et française l’AFNOR

Les normes sont nécessaires, que dire, même indispensables pour coordonner et optimiser le fonctionnement d’une société, assurer la sécurité de tous, permettre à chacun d’adapter son comportement, assurer la sécurité des relations, optimiser les échanges, concrétiser le principe de précaution…

Elles sécurisent, protègent, informent. Elles uniformisent, elles renseignent, elles garantissent, elles participent à la productivité. Un des plus beaux exemples : le container.

Mais a contrario :

Les normes sont une plaie qui bride la créativité, l’innovation, le progrès, qui nécessitent toujours leur remise en cause, et génèrent des coûts de gestion souvent ahurissants.

Elles banalisent, elles classent, trient, et uniformisent ;  elles bloquent le progrès et l’innovation, elles génèrent des affrontements, elles forcent à l’intégration et à l’uniformisation des sociétés : un exemple le tchador. Elles ont un coût caché très important, justifiant à elles seules des milliards de comportements et la création de professions complètes : par exemple le suivi du DPE (DIAGNOSTIC ÉNERGÉTIQUE)

Elles sont tantôt inventées par l’État, souvent pour des raisons fiscales (imposition ou subventions) tantôt réclamées par la population, ou telle profession ,pour des raisons de fiabilité, d’homogénéisation, voire de simplification.

De ce point de vue le cas de la justice est particulièrement intéressant.

Il pose, à date, deux problèmes principaux :

Premièrement, l’application effective de la norme dans l’univers concerné : on comprend bien la difficulté rencontrée par les services de l’État-Justice qui se lamentent en invoquant le manque de moyens : mais est-ce une remise en cause de l’outil ? De la manière de s’en servir ? Ou effectivement des moyens.

Le système judiciaire est largement marqué par son histoire et mériterait peut-être une refonte un peu plus générale. Pourquoi la moindre affaire peut-elle durer, des années sans solution définitive ?

Deuxièmement, il faut admettre que les normes évoluent, comme d’ailleurs l’ensemble des sociétés.

Curieusement l’établissement d’une nouvelle norme entraîne en général une aspiration supplémentaire vers ce qui deviendra la norme de demain. On constate un certain perfectionnisme automatique de la normalisation dans le temps, quand ce n’est pas des contradictions.

Avant d’être validé  par le PACS, la vie en couple de même genre a été longtemps considérée comme un crime ! Les agressions sexuelles, plus ou moins tolérées y compris dans des maisons spécialisées, passent désormais en justice.

La résolution des problèmes individuels par la violence qui avait beaucoup baissé, revient sous les formes de manifestations collectives festives justifiant tous les débordements (le coût global pour la société de la « gestion » de la victoire du PSG à Budapest est, hors dégâts matériels privés, probablement supérieur à 20 Millions d’€ en seul surcoût policier sans compter les interpellations plus de 700 voire les morts : trois !

Qui va payer ? Sinon le citoyen qui en plus ce soir-là n’a pas pu se promener aux Champs-Élysées ?

La protestation contre la violence infligée à Lyhanna se résume pour le moment à la violence des manifestant(e)s s’indignant, – on le comprend bien – d’ailleurs, contre ce scandaleux désastre. Mais ce mélange explosif revient régulièrement… Et c’est tout sauf une solution.

C’est peut-être par cet angle – l’éducation à la non-violence et au respect de la loi, y compris pour les témoins de faits anormaux –  qu’il faudrait commencer !

Suivie par la pratique systématique du post-mortem : telle loi, telle règle, telle norme qui apparaissait comme absolument nécessaire à l’instant t : cinq ans plus tard a-t-elle atteint son objectif ou dérivé dans une bureaucratie inefficace ou inutile et coûteuse ?

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1 commenter

Glorieux Régis juin 20, 2026 - 10:28 am

Je vous trouve bien tendre sur les « normes à la française ». Certes les normes sont indispensables, mais l’abus des normes, ce qui est évidemment le cas en France et l’on pourrait en citer une infinité d’exemples, normes généralement imaginées par des fonctionnaires se prévalant de faire le bien public sans lui demander son avis, et sans doute pour justifier sa fonction de « contrôleur de l’application des normes », est une catastrophe sociale et économique. Probablement responsable de l’atonie de l’économie française tout autant que l’excès des prélèvements obligatoires.
Dans le domaine de la justice, le système anglosaxon qui, il me semble, donne plus de latitude au juge sur l’interprétation et surtout sur l’application des lois, n’est-il pas bien préférable à notre système où tout est codé et oblige les juges à prononcer ou ne pas prononcer des peines au vu de textes et non de la réalité, du contexte, etc. Toujours chez nous sur la base du « bon principe » de l’égalité de tous devant la loi.
L’exemple le plus caricatural est la prise en charge par l’Etat des réparations (en soi justifié pour encourager le recyclage) dont le montant est fonction de la longueur des fermetures éclair

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