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Une mesure essentielle absente des débats

par Claude Sicard
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La campagne pour la prochaine élection présidentielle a commencé et l’on a vu les principaux candidats venir présenter leurs propositions au Medef le 27 Août dernier lors de la clôture de son Université d’été.

Et l’on a maintenant le livre de Sarah Knafo intitulé « Le casse du siècle » qui va faire grand bruit, car elle y dénonce avec talent les prélèvements abusifs de toutes sortes que l’État opère sur la population, d’où le titre fracassant de son ouvrage.

Ce qui est frappant, c’est de constater que dans ces débats aucun des candidats n’a pris la peine d’identifier vraiment la cause réelle de la dégénérescence de notre économie, et, ainsi, chacun prend les effets de la cause pour la cause elle-même.

C’est que, pour bien comprendre quelle est l’origine de la dégradation de notre économie, il faut remonter à la révolution de 1789, ce que personne ne fait. Les historiens la nomment  « La Grande Révolution », et, effectivement, elle a marqué un tournant majeur dans l’histoire de notre pays. Il faut se souvenir du rôle clé qu’y ont joué les fameux  sans-culottes qui étaient soutenus par Marat avec son journal « L’ami du Peuple » et Hébert, le père des révolutionnaires radicaux.

Dans leur hymne « ça ira » ils se proposaient tout simplement de « pendre les aristocrates à la lanterne », et dans une pétition portée par eux à  la Convention, le 25  juin 1793, on pouvait lire : « Il ne faut pas craindre d’encourir la haine des riches, c’est-à-dire des méchants : il faut tout sacrifier au bonheur du peuple ».

 Il faut comprendre que depuis cette révolution, il s’est installé dans notre pays une haine des « riches », et ce combat contre les riches qui était tout à fait justifié à l’origine, n’a pas cessé de se perpétuer, ensuite.

Aux nobles, en effet, qui constituaient la classe des « riches » au moment de la Révolution de 1789, est venue très vite se substituer, avec le développement de la révolution industrielle, une nouvelle classe de privilégiés que Marx et son disciple Friedrich Engels ont appelée les « bourgeois-capitalistes » ;  et c’est contre elle que s’est poursuivi cette lutte.

Le marxisme a ainsi trouvé une voie royale pour se développer, et l’on a eu en 1906, au congrès confédéral de la CGT, à Amiens, la « Charte d’Amiens » qui nous a donné un syndicalisme révolutionnaire, alors que partout ailleurs en Europe, il a été réformateur. Et cette charte d’Amiens a constitué l’ADN du syndicalisme en France. Son objectif s’intitulait : « l’expropriation capitaliste », c’est-à-dire la confiscation des outils de production détenus par des particuliers pour les transférer à la collectivité.

Il faut bien voir qu’il y a un continuum allant des sans-culottes déclarant, en 1789,  « il ne faut pas hésiter d’encourager la haine des riches, c’est-à-dire des méchants » à François Mitterrand porté au pouvoir deux siècles plus tard avec son fameux « Programme Commun de la Gauche » et les communistes à sa suite, en passant par la « Commune de Paris », en 1871, la « Charte d’Amiens », en 1906, le « Front Populaire », en 1936, et le Programme du « Conseil National de la Résistance » élaboré pendant l’occupation sous l’égide de la CGT et appliqué tel quel, en 1945.

Ce furent, chaque fois, des tentatives pour changer la société au profit des classes laborieuses. Et nous avons, à présent, Jean-Luc Mélenchon qui est à la manœuvre, déclarant, par exemple, dans un meeting à Angers : « Il est immoral d’être milliardaire : tout ce qui va aux plus riches a été retiré à ceux qui produisent ». Il est notre nouveau Robespierre.

Si l’objectif fixé par la Charte d’Amiens n’a pas été atteint, tous les combats menés pour y parvenir ont apporté peu à peu aux classes laborieuses des avantages considérables que l’on a appelés des « acquis sociaux » : des réductions de plus en plus importantes des temps de travail qui font que la France est en Europe le pays où l’on travaille maintenant le moins, des dispositions de plus en plus contraignantes pour les employeurs dans le Code du travail, des grèves très fréquentes et parfois violentes, un financement du chômage bien plus avantageux que partout ailleurs, etc.

Et, ainsi, les comptes sociaux de la nation se sont trouvés de plus en plus alourdis, et les conditions de fonctionnement des entreprises de plus en plus dégradées.

Dans le dernier classement de l’IMD de Lausanne intitulé « World Competitive Ranking » la France vient seulement en 31e position, et dans celui de la BIRD, à Washington, intitulé « Doing Business »,  notre pays est numéro 32.

Nos entreprises ont ainsi des marges bénéficiaires très réduites, bien  inférieures en moyenne à celles de leurs concurrentes européennes, et donc des capacités d’investissement bien moindres.

On constate, par exemple, qu’en termes de robotisation, nous sommes extrêmement en retard : 195 robots pour 10.000 salariés en France, contre 449 en Allemagne et 1220 en Corée du Sud !

Et, en matière de dépenses de R&D, il en est de même :nous en sommes en France à des dépenses de R&D représentant seulement 2,2 % du PIB, contre 5,0 % en Corée du Sud, et 6,4 % en Israël !

La source donc de la dégénérescence de notre économie se trouve bien dans cette lutte ancienne menée par les classes populaires contre ce qu’elles appellent les « riches ».

Manon Aubry, une des têtes pensantes de LFI, vient de déclarer à l’université d’été de son mouvement que « les milliardaires sont des nuisibles ». Rappelons que le milliardaire Bernard Arnault a fait fortune en faisant de la France le numéro un mondial du luxe, et qu’ Elon Musk, l’homme censé être le plus riche de la planète a répondu à une journaliste qui l’interrogeait pour savoir comment il avait fait fortune en disant : « Pour moi , il ne s’agissait jamais d’argent, mais de résoudre des problèmes pour l’avenir de l’humanité ».

Il faut donc réconcilier ces deux France qui, depuis plus de deux siècles, se combattent, et génèrent la source première du déclin de notre économie.

Le grand économiste canadien Jim Stanford nous dit : « L’économie est le fruit du rapport entre les gens »  et c’est donc ce rapport entre les gens qu’il convient de changer.

Nous en sommes arrivés à une économie qui est à bout de souffle : elle est déprimée, apathique, avec un taux de croissance extrêmement faible, des dépenses publiques considérables, des prélèvements obligatoires bien plus élevés que partout  ailleurs, et une dette qui ne cesse d’augmenter.

En effet, pour pallier les déficiences de notre économie, l’État en est venu à accroître de plus en plus les dépenses publiques, de sorte qu’elles sont devenues maintenant les plus importantes de tous les pays européens, en proportion du PIB.

Il s’agit donc, à présent, pour redresser notre économie, de mettre fin dans notre pays à ce que le marxisme appelle « la lutte des classes ».

Une solution pour cela serait celle que les Allemands appliquent depuis la fin de la dernière guerre mondiale : la Mitbestimmung, c’est-à-dire la cogestion des entreprises.

Le Medef y est farouchement opposé, car il n’a pas encore compris quel est le mal qui affecte notre économie, mais le gouvernement qui la proposerait aura le plein soutien de la CFDT.

Il est donc temps que les candidats à la prochaine présidentielle comprennent quelle est l’origine du mal qui affecte notre économie, qu’ils préparent les Français à l’attaquer à sa source et cessent de se borner aux palliatifs que les pouvoirs publics du passé ont mis en place pour en atténuer les effets.

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2 commentaires

CORNIER septembre 5, 2026 - 9:46 am

La cogestion à l’allemande fonctionne magnifiquement bien en période de croissance. Dans les difficultés c’est plutôt un frein . Voir le secteur automobile par exemple.

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GLORIEUX Reégis septembre 5, 2026 - 12:12 pm

La cogestion c’est très bien, lorsque les mentalités le permettent. En Allemagne, la « lutte des classes » n’existe pas. En France elle persiste. Comment cogérer avec des personnes qui ne connaissent rien à l’économie, et à l’économie d’entreprise encore moins, et qui ne s’intéressent qu’à la distribution des richesses et pas à leur production.
Un industriel français opérant aussi en Allemagne expliquait que, lorsqu’il a fallu mettre en service un laminoir ce qui nécessitait un travail continu jour et nuit y compris samedi et dimanche, il s’était mis d’accord avec les salariés allemands pour le faire. Le journaliste français lui pose la question : quelles compensations ont été données aux salariés. La réponse : on n’en a pas encore parlé …. Inimaginable en France !
Certes la CFDT est plus ouverte, mais la CGT, FO, Sud Rail, SNESUP, et autres syndicats dogmatiques n’y sont pas du tout prêts.

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