Sarah Knafo vient de publier un excellent ouvrage qui dénonce les prélèvements abusifs faits, chaque année, dans notre pays par les pouvoirs publics sur nos compatriotes. Et ce livre rencontre un immense succès. Elle y démontre que les services fournis par l’État ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils nous coûtent, d’où le titre fracassant de son livre. Il faut dire qu’elle a tous les titres voulus pour procéder à une telle critique des services de l’État : elle a fait l’ENA, elle a été magistrate à la Cour des Comptes, et elle est députée européenne à Bruxelles.
Elle présente son livre comme une enquête, en partant de la fiche de paye d’un Français moyen qui a un salaire brut de 2.800 euros : il ne touche que 2.079,44 euros, mais son employeur doit s’acquitter de la somme de 3.922 euros, chaque mois. Elle calcule ainsi que sur la carrière de cet individu l’État se sera emparé d’environ un million d’euros, et encore cette personne devra payer tout au cours de son existence de la TVA sur tous ses achats, et ses successeurs devront acquitter à l’État, à son décès, des frais de succession sur le capital qu’il se sera constitué ! Elle nous dit « Vous me demandez comment nous allons procéder pour démontrer un casse de cette ampleur ? Il y a une règle : Follow the money » ; et c’est celle qu’elle adopte donc dans son ouvrage. Mais pour analyser ce livre, nous adopterons un plan différent : nous partirons des constats, ensuite nous proposerons une explication de la source du mal qui nous affecte, et, enfin, nous résumerons ce qu’il faut faire pour redresser la situation.
1-Les constats
La France a perdu son industrie : on a saboté notre industrie nucléaire, nous dit Sarah Knafo, on a maltraité en permanence nos entrepreneurs, on a fait la chasse aux capitaux, et vendu beaucoup d’entreprises industrielles à l’étranger. Elle nous dit : « La richesse d’un pays naît des entrepreneurs et c’est la figure que la France maltraite en permanence, et avec acharnement : aucun gâchis n’est plus coûteux que celui-là ». Et elle rajoute : « Un pays qui méprise les entrepreneurs scie la branche sur laquelle tout le monde est assis ». Et cet autrice fait le constat suivant : 10 % des élèves sortant des écoles d’Ingénieurs, et 15 % des écoles de management, vont faire carrière à l’étranger (et 19 % des jeunes Polytechniciens !). Et, autre constat : la France est le pays qui consomme le plus d’anxiolytiques au monde : en somme, les Français ne sont pas heureux, et ils sont inquiets pour l’avenir de leur pays.
2-La source du mal :
C’est sur ce point que le livre de Sarah Knafo est le plus faible : en effet, elle ne remonte que 40 ans en arrière pour rechercher l’explication du mal qui affecte notre pays, et elle ne la trouve donc pas.
Ce livre n’est pas l’œuvre d’une historienne académique, mais un livre politique : elle-même, ou son compagnon Éric Zemmour, sont d’ailleurs soupçonnés d’avoir l’intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Elle nous dit, à la page 155 : « Les taxes, les impôts, les atteintes aux libertés qui ont culminé pendant la crise du Covid, les menaces contre la liberté d’expression chaque jour plus sérieuses, la langue de bois du pouvoir et l’appauvrissement général rappellent étrangement ce qu’ont vécu les pays de l’Europe de l’Est ». La France a, à présent, la bureaucratie d’un pays communiste, et elle explique : « Le communisme peut s’introduire d’une manière insidieuse dans les pensées et dans les actes, progressivement, sans que l’on s’en rende compte immédiatement ». Sarah Knafo nous dit que la France est déjà, en fait, un pays communiste par sa bureaucratie, car « la bureaucratie, qui est l’ossature de tout système communiste, est parvenue en France à son idéal : régenter notre vie dans ses moindres détails ». Avec cette bureaucratie étouffante qui s’est installée dans notre pays, nous souffrons de gabegies innombrables, de nombreuses structures inutiles comme le « Conseil national du bruit » ou le « Conseil Économique et Social » et une foule de dispositifs contre-productifs qui paralysent notre économie. Toutefois, Sarah Knafo ne nous dit pas par quel processus nous en sommes arrivés là : elle se borne à incriminer l’école, l’Université, les médias, l’audio-visuel public, le monde du spectacle, etc., des mondes qui sont tous fortement marqués en France par la pensée marxiste, sans que cet auteur ne nous dise la manière dont cela s’est fait.
Il faut, en fait, pour identifier correctement la source de nos maux, remonter à la Révolution de 1789 que les historiens nomment « La Grande Révolution » ; ce que Sarah Knafo ne fait pas.
Nous avons montré, dans d’autres articles, que la source du mal dont souffre notre société vient de la Révolution de 1789.
Et il faut bien voir qu’il y a un continuum allant des sans-culottes déclarant, en 1789, « il ne faut pas hésiter à encourager la haine des riches, c’est-à-dire des méchants » à François Mitterrand porté au pouvoir deux siècles plus tard avec son fameux « Programme Commun de la Gauche » et les communistes à sa suite, en passant par la « Commune de Paris », en 1871, la « Charte d’Amiens », en 1906, le « Front Populaire », en 1936, et le Programme du « Conseil National de la Résistance » élaboré pendant l’occupation sous l’égide de la CGT et appliqué tel quel, en 1945.
Ce furent, chaque fois, des tentatives pour changer la société au profit des classes laborieuses. Et nous avons, à présent, un Jean-Luc Mélenchon qui est à la manœuvre, déclarant, par exemple, dans un meeting à Angers : « Il est immoral d’être milliardaire : tout ce qui va aux plus riches a été retiré à ceux qui produisent ». Après l’épisode de la révolution de 1789 le marxisme est venu structurer solidement dans notre pays la révolte des classes laborieuses, et cela nous a donné, au congrès de la CGT de 1906, la fameuse « Charte d’Amiens » qui a implanté en France un syndicalisme révolutionnaire. Et c’est ainsi que s’est installé tout au cours du XXe siècle le marxisme dans notre société ; et le rêve utopique d’une société idéale que fantasmaient les classes laborieuses depuis la Grande Révolution et qui s’est finalement dissipé avec la chute de l’Union Soviétique en 1991.
3-Comment redresser la situation :
Sarah Knafo nous explique que pour réussir dans sa mission le nouveau dirigeant de la France élu en 2027 devra s’appuyer sur les quatre leviers suivants :
a- La légitimité du mandat, une légitimité par l’élection pour autant que le candidat ait pris le soin d’afficher pendant la campagne tout son programme ;
b- Le recours aux référendums ;
c- La qualité de l’équipe (10 ministres et non pas trente) ;
d- La vitesse d’exécution : les grandes ruptures doivent être engagées dès la première semaine.
Et cet auteur nous donne, dans chaque domaine, les principales décisions à prendre : école, santé, industrie, etc. Au total, 15 domaines sont énumérés dans son livre, avec chaque fois une liste détaillée de réformes à faire.
Cet ouvrage est donc, dans la situation qui est aujourd’hui celle de notre pays, particulièrement utile, bien qu’il y manque, ce qui est une grave lacune, l’explication pour laquelle notre économie en est venue à autant se dégrader. Il va s’agir maintenant de réconcilier entre eux les Français, ce que Sarah Knafo omet de nous dire dans son ouvrage à succès.
Laisser un commentaire