Situation de l’emploi en France
Notre analyse se focalisera sur la classe d’âge des 15 à 24 ans à partir des récents documents de la DARES (Statistique du monde du travail – document N° 38 – septembre 2026) et de REXECODE (Repères N°22 – Juillet 2026).
1/ Nombre d’heures travaillées et taux d’emploi des 15 à 24 ans et comparaisons avec les autres pays européens :
La France se classe dans la médiane haute des pays européens pour la quantité de travail par habitant de 15-24 ans, mais en dessous de plusieurs pays d’Europe du Nord. Avec 526 heures, la France (10e) affiche un déficit de 46 heures avec le Danemark (7e), 149 heures avec les Pays-Bas (4e) et 220 heures avec l’Allemagne (2e), d’où la marge de progression.
Graphique 1 : nombre d’heures annuel moyen travaillées

Graphique 2 : Dynamique du taux d’emploi
Définition du taux d’emploi : il se calcule par rapport à la population en âge de travailler. Il s’agit du rapport entre le nombre de personnes en âge de travailler en emploi et le total de la population de cette catégorie d’âge ?
Ainsi le taux d’emploi des 15 à 24 ans en France est de 35% en 2025 (progression de 4 points en 20 ans due à la réforme de l’apprentissage mais sans combler le décalage avec les pays les plus performants) huitième rang européen mais dans la moyenne européenne avec cependant avec un écart important avec les pays de rang supérieur (Pays bas, Danemark, Allemagne, Autriche).

Graphique 3 : distinction temps plein/partiel pour le taux d’emploi
Si le taux d’emploi à temps plein est en France en 2025 de 27% (moyenne européenne : 23%), par contre il n’est que de 8% pour le temps partiel (moyenne européenne 12%). Les écarts en termes de taux d’emploi à temps partiel des 15 à 24 ans viennent principalement des situations très différentes de cumul formation et emploi, en général à temps partiel

Graphique 4 : la part des jeunes qui cumulent emploi et formation (bien que proche de la moyenne européenne 17%), est nettement plus faible en France (18 %) qu’au Danemark (42 %) et aux Pays-Bas (58 %).

Graphique 5 : La France affiche le 4ème taux de NEETs (ni emploi, ni en étude, ni en formation) le plus important de l’UE (ils sont près de 880000, soit 11 % de la tranche d’âge). Au-delà de la mobilisation du travail, ce taux regroupe des enjeux d’insertion professionnelle et de mobilité sociale : la proportion est nettement plus importante chez les enfants de chômeurs, au sein des classes faiblement diplômées, et chez les enfants d’immigrés. Cela peut s’expliquer en partie par le fait que des jeunes ayant des difficultés scolaires quittent leur formation initiale peu ou pas qualifiés, ce qui est un frein à l’insertion sur le marché du travail. Un des leviers pour augmenter le taux d’emploi des jeunes peut être d’améliorer l’insertion professionnelle et la transition entre études et emploi. Faire converger le taux de NEETs de la France vers celui de l’UE représenterait 125000 emplois supplémentaires chez les jeunes. Ce nombre grimperait à 260000 en s’alignant sur l’Allemagne, 425000 sur la Suède et 580000 sur les Pays Bas.

2/ Taux de chômage
Si l’on prend comme indicateur le taux de chômage en Europe des moins de 25 ans (Tableau 1)
| Pays | Taux de chômage à décembre 2025 (%) |
Pays | Taux de chômage à décembre 2025 (%) |
|---|---|---|---|
| Allemagne | 6,8 | Croatie | 17,2 |
| Pays Bas | 9,2 | Estonie | 17,3 |
| Rép. Tchèque | 10,1 | France | 18,1 |
| Autriche | 10,5 | Slovénie | 18,2 |
| Danemark | 11,4 | Portugal | 18,4 |
| Lettonie | 11,7 | Belgique | 19,6 |
| Bulgarie | 12 | Italie | 20,5 |
| Grèce | 13 | Finlande | 21,8 |
| Irlande | 14 | Espagne | 23,4 |
| Hongrie | 14,4 | Suède | 23,6 |
| Lituanie | 14,7 | Roumanie | 26,9 |
| Moy Europe | 14,7 |
Le taux de chômage des moins de 25 ans atteint 18,1 % en 2025. La zone euro s’établissait à 14,7 % fin 2025, plaçant la France environ 3 points au-dessus de la moyenne européenne et au 14e rang des taux les plus élevés de l’Union.
3/ Les préconisations pour augmenter l’emploi des jeunes
Il ressort des nombreux rapports publics qui ont été publiés pour favoriser l’emploi des jeunes que cela procède d’une politique globale et cohérente couvrant à la fois : La formation/l’éducation/l’orientation – L’accompagnement des NEET – L’organisation du travail (cumul emploi/étude) – La politique sociale (minima sociaux – assurance chômage) – La politique du logement et la mobilité.
Nous nous focaliserons sur les 3 premiers points
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Renforcer les performances du système éducatif : la mauvaise performance actuelle est attestée par les résultats PISA. La difficile intégration du marché du travail des moins qualifiés montre la corrélation éducation supérieure et emploi. D’où la nécessité de réformer la pédagogie (réformer les programmes – exigences sur l’acquisition des fondamentaux – réformer les méthodes pédagogiques), réformer la formation des enseignants, donner plus d’autonomie aux établissements pour réduire l’échec scolaire. Nécessité aussi de redynamiser le pilotage de l’obligation de formation des 16-18 ans.
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Repenser la politique d’orientation : la DG Trésor estime qu’après le bac les échecs et réorientations coûtent entre 3 à 4 milliards d’euros par an. Ainsi, l’information et l’accompagnement des étudiants au moment de l’orientation pourraient être renforcés, avec un rapprochement accru entre l’école et l’entreprise et le recours à des « role models » vers les débouchés professionnels les plus porteurs (éviter les filières avec peu de débouchés professionnels ex psycho). Une sélection plus exigeante pourrait être mise en œuvre à l’entrée de l’université et les places offertes pourraient être contingentées en fonction des débouchés sur le marché du travail. Enfin, le financement public de formations pourrait être conditionné à des critères de performances liés à l’insertion professionnelle.
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Poursuivre le développement de l’apprentissage et accompagnement des NEET : notamment pour ceux les plus éloignés de l’emploi. Entre fin 2015 et fin 2021, le taux d’emploi des jeunes a augmenté de 5,3 points, dont 2,9 points pour les contrats en alternance. Un effort particulier doit être fait pour les NEET cela passe par le repérage des « jeunes invisibles » (sortant de l’ASE), renforcement des missions locales pour l’insertion professionnelle et sociale des jeunes et les PAIO (Permanence d’Accueil, d’Information et d’Orientation), avec un ratio d’un conseiller pour 30 jeunes maximum et recours si besoin à des opérateurs privés de placement.
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Favoriser le travail des jeunes sous des formes adaptées : valoriser le cumul emploi-étude dans le cursus étudiant (enseignement apporté par l’expérience professionnelle – compensation pour les étudiants contraints de travailler durant leurs études) en créant des modules job étudiant dans les formations du supérieur pour valoriser. Ces modules permettant d’acquérir des crédits ECTS (Système européen de transfert et d’accumulation de crédit facilitent la reconnaissance des diplômes dans l’espace européen et fluidifient la mobilité étudiante) ou des bonus de notes. Supprimer le plancher des 24h imposé à l’employeur, pour le recours au temps partiel (abroger ce minimum permettrait de soutenir l’offre de travail, des jeunes souhaitant travailler mais en dessous de cette limite).
En conclusion les écarts des heures travaillées chez les 15- 24 ans, les taux d’emploi et de chômage versus d’autres pays européens résultent de 3 facteurs :
- Formation manquante ou inadéquate, niveau d’instruction faible
- Le nombre de NEET plus nombreux qu’ailleurs (révélateur des inégalités socio-économique que le système éducatif peine à corriger)
- Les étudiants qui sont moins nombreux à cumuler emploi et études
Seule une refonte profonde du système éducatif/formation, de l’orientation, une meilleure détection et accompagnement des NEET et une réorganisation du travail des jeunes en favorisant le cumul emploi/étude pourront remédier à la situation
Références bibliographiques
DARES (Statistiques du monde du travail) – N° 28 Septembre 2026 : Comment se situe la France à l’échelle européenne en matière de taux d’emploi ?
REXECODE – Repères N° 22 Juillet 2026 : la quantité de travail des jeunes : mesures, enjeux et leviers
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