Telle était la revendication première des fameux « sans-culottes » qui ont joué un rôle de premier plan dans notre Grande Révolution: ce sont eux qui ont pris la Bastille, en 1789, puis le Palais des Tuileries le 10 Août 1792, et il semblerait bien qu’ils soient toujours en action. Du moins leur mot d’ordre « Tout sacrifier au bonheur du peuple » a-t-il très fortement marqué notre histoire.
Aussi, la France est-elle aujourd’hui le pays de l’Union européenne qui a le niveau de dépenses sociales le plus élevé en proportion de son PIB, et pour y faire face elle a des montants de prélèvements obligatoires qui sont parmi les plus importants de tous les pays de l’OCDE.
Son économie est devenue, depuis 3 décennies, incapable de faire face à toutes ces dépenses, chaque nouveau gouvernement les accroissant encore davantage. Il en résulte que notre pays semble préférer, depuis 50 ans, de recourir, chaque année, à la dette pour boucler le budget de la nation.
Aussi, l’endettement de la France n’a pas cessé d’augmenter, si bien que la dette, et le paiement des intérêts, sont devenus le problème majeur auquel le gouvernement du pays doit faire face : la France dépense plus, à présent, pour payer les intérêts de sa dette qu’elle n’investit dans l’éducation et la formation de sa jeunesse !
Lorsque la France avait sa propre monnaie, elle empruntait en francs et elle dévaluait ensuite sa monnaie pour alléger ses dettes et rétablir sa compétitivité.
La première dévaluation remonte à 1928 (dévaluation Poincaré) : la France avait dû contracter plusieurs emprunts importants pour faire face à ses énormes besoins lors de la Première Guerre mondiale, et avec cette première dévaluation, le Franc perdit les 4/5 de sa valeur.
Il y en eut ensuite, au cours des années suivantes, pas moins de 17 autres, la dernière étant celle de Chirac, le 6 avril 1986 : et sous François Mitterrand il y en avait eu trois, en 1981,1982 et 1983 !
Ensuite, avec notre entrée dans la zone euro (le 1er janvier 1999, à un taux de change défavorable) il ne fut plus possible de recourir à des dévaluations, et la situation s’est considérablement compliquée pour nos élus.
On ne peut donc pas manquer de se demander d’où vient ce besoin de procéder à autant de dépenses ?
Pour le comprendre, il faut remonter à la révolution de 1789, que les historiens ont appelée « La Grande Révolution ». Les Français se sont révoltés contre les abus des deux classes sociales qui dominaient la société, et les « sans-culottes », c’est-à-dire le petit peuple de Paris et des grandes villes, ont joué dans cet épisode majeur de notre histoire un rôle très important, soutenus par Marat avec son journal « L’ami du Peuple », et Hébert.
On se souvient que dans une pétition portée par eux le 25 Juin 1793 à l’Assemblée Constituante, on pouvait lire : « Il ne faut pas craindre d’encourir la haine des riches, c’est-à-dire des méchants : il faut tout sacrifier au bonheur du peuple ».
Et Marat, dans son journal, écrivait : « Le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi, tout ce qui est indispensable pour notre existence est à nous ».
Ensuite, au XIXe siècle, avec les apports conceptuels très séduisants du marxisme, la lutte contre les riches s’est structurée très solidement, et cela a donné, en 1906, au congrès confédéral de la CGT, la fameuse « Charte d’Amiens » qui a constitué l’ADN du syndicalisme français.
On a eu ainsi, en France, un syndicalisme révolutionnaire se fixant pour objectif de changer de société, alors que partout ailleurs, en Europe, il a été simplement réformateur.
Il y eut ainsi, après la Première Guerre mondiale et la grande crise économique de 1929 :
- le « Front Populaire » de 1936,
- puis l’application, en 1945, du Programme du CNR qui avait été élaboré dans la clandestinité sous l’égide de la CGT,
- et, en 1981, avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, l’application du « Programme Commun de la Gauche ».
À chaque fois, des nationalisations, (et il y en eut un nombre considérable en 1945), des réductions du temps de travail, des augmentations importantes des salaires, des abaissements de l’âge de la retraite, des reformes sociales, (qui deviennent les fameux « acquis sociaux »), etc.
Et, aujourd’hui, on se retrouve avec un Jean-Luc Mélenchon très actif qui, avec son parti intitulé « La France Insoumise » (LFI), désigne les riches comme ses cibles. Il a déclaré dans un meeting à Angers : « Il est immoral d’être milliardaire : tout ce qui va aux riches a été retiré à ceux qui produisent ».
Et une des têtes de son parti, Manon Aubry, a qualifié, lors de la dernière université d’été de LFI, les ultra-riches de « nuisibles ». Elle a même proposé de les interdire.
Il a résulté de tous ces combats des conditions de fonctionnement de plus en plus difficiles pour nos entreprises, et pour remédier à une économie de moins en moins dynamique, l’État a procédé à des dépenses de plus en plus importantes pour soutenir le niveau de vie des Français.
Nous en sommes, ainsi, à des dépenses sociales qui représentent aujourd’hui 31,9 % du PIB alors que la moyenne européenne est à 27,3 %. Tant que la France a eu un vaste empire colonial et une économie fermée, nos entreprises n’ont pas trop souffert des revendications des forces de gauche : les colonies représentaient 30% à 40 % de leur chiffre d’affaires et les dérapages étaient effacés par les dévaluations.
Mais, avec la plongée, ensuite, de la France dans le marché mondial imposée par l’Union européenne, un nombre considérable de nos entreprises ont périclité faute d’être compétitives, et le tissu industriel qui s’était brillamment reconstitué pendant les Trente Glorieuses s’est considérablement amenuisé, la France devenant, avec la Grèce, le pays le plus désindustrialisé d’Europe.
Les manuels scolaires magnifient auprès de nos jeunes tous les acquis de la Grande Révolution, et avec l’instauration de la démocratie le fameux « tout sacrifier au bonheur du peuple » des sans-culottes a fait florès. Notre besoin de dépenses devient irrépressible !
On en est donc là, aujourd’hui, avec des dépenses publiques considérables, un budget chaque année fortement déficitaire, et une dette qui ne cesse de croître au point que le service de cette dette nous devient de plus en plus insupportable.
Notre actuel Président, à lui seul, a augmenté en sept ans la dette de la France de 1.400 milliards d’euros, et, achevant maintenant son second mandat, il laisse à son successeur un pays en feu, au propre et au figuré.
Dans toute la France, cet été, des feux gigantesques ont ravagé nos forêts causant des dégâts considérables, les pompiers ayant des moyens insuffisants pour en venir à bout rapidement, et nous avons, à présent, des lycéens qui sèment la révolution dans les rues et mettent le feu à leur lycée.
À l’issue de ses deux mandats successifs, Emmanuel Macron laissera le pays avec une agriculture en ruine, un secteur industriel sinistré, des écoles où le niveau des élèves ne cesse de diminuer, (cf. les enquêtes Pisa) et une démographie qui est en berne, (le nombre d’enfants par femme étant tombé à 1,56 dans notre pays alors qu’il faudrait qu’il se situe à 2,10 pour maintenir un minimum d’équilibre entre générations).
L’Histoire retiendra de lui qu’il fut un dirigeant complètement dépassé par les problèmes à résoudre.
On se souvient que le philosophe Luc Ferry avait déclaré au lendemain de son élection : « On a mis un gamin à l’Élysée et on va le payer très cher ! ».
Aussi, le combat contre les riches est-il, plus que jamais, d’actualité avec des intellectuels qui s’appellent Thomas Piketty et Gabriel Zucman. L’ouvrage « Le capital au XXIe siècle » de Piketty s’est vendu dans le monde à trois millions d’exemplaires, et Gabriel Zucman veut nous imposer de taxer chaque année à 2 % le patrimoine de super-riches. Piketty surenchérit en France en proposant un schéma qui déleste les riches de 800 milliards.
Le mantra des sans-culottes, le fameux « Tout sacrifier au bonheur du peuple » est toujours là.
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