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Les tourments de l’Education Nationale

**Les chocs salutaires**. **L'indispensable recours à la culture de l'exigence.**

par Gérard Laloi
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Une nouvelle fois le niveau scolaire des élèves français a fléchi en 2026 et selon une pente accentuée devenue inquiétante : La France pointe au 27ème rang mondial au classement international, PISA, à la 31ème place en mathématique, à la 28ème, en compréhension de l’écrit, loin derrière les pays asiatiques, mais aussi de quelques voisins européens comme l’Estonie et la Finlande.

L’enquête strictement nationale L.E.C. (Lire, Ecrire, Compter) confirme cet affaissement :

  •  à la même dictée de 10 lignes et de 67 mots, les élèves de CM2 commettant 15 fautes et plus, représentaient 33,1% des écoliers en  1987 et concernaient la quasi-totalité de la classe d’âge – 90,5% – en 2021 !
  • dans cette même cohorte de 7ème, quand 74% des jeunes réussissaient l’exercice d’arithmétique sur les divisions en 1987, ils n’étaient plus que 37% en 2017 !

Certes, le contenu des programmes : faible entraînement à la lecture, à la dictée, enseignement de la lecture par la méthode syllabique, absence de fil chronologique dans la découverte de l’histoire, négligence des bases mathématiques comme le calcul mental par exemple… peut affecter à la baisse le niveau de nos enfants.

Bien sûr, l’usage – la consommation – exagérés des moyens numériques d’information modifie et ampute le temps consacré à la lecture, mais cette dernière tendance se révèle complètement mondiale et ne semble pas autant affecter les écoliers du continent asiatique pourtant confrontés, eux aussi, aux risques d’addiction aux écrans.

Alors, au-delà de ces données pédagogiques préalables et fondamentales de contenu des programmes à modifier, de ces comportements soumis à l’ordinateur ou au portable à contrôler plus strictement, il y a trois vertus sources de renouveau qui doivent être impérativement inculquées aux jeunes par leurs parents et par leurs enseignants, voire la société civile. Il s’agit de trois attitudes formatrices à la future intégration socio-économique réussie de ces enfants pour eux-mêmes d’abord, pour le pays aussi :

  • **-Exigence de discipline**
  • **-Exigence de travail**
  • **-Exigence de résultats**

1. • L’exigence de discipline doit s’appliquer aux niveaux :

  • -personnel, avec l’entraînement à tenir ses propres engagements ou ceux contractés : remise des devoirs en temps et en heure, restitutions des leçons apprises,
  • -collectif, avec le respect d’autrui, de son bien-être, de ses différences, générateur d’un futur fructueux et motivant de vie et de travail en équipe,
  • -autorité, avec l’admission bien comprise du rôle de la hiérarchie souvent porteuse d’apprentissage positif et stimulant, mais aussi parfois à l’origine de frustrations dures à ressentir, mais formatrices et réparatrices aux aléas de la vie à venir.

En un mot, cette éducation à la discipline, forme à la structuration comportementale, génératrice de bienfait pour le jeune, de relations apaisées au sein de la société qui va l’accueillir.

2. • L’exigence de travail doit se traduire par :

  • -un rythme soutenu, voire élevé, dans les pratiques et les exercices d’acquisition des connaissances : remises régulières à fréquences rapprochées  de devoirs, nombre de leçons à apprendre, exercices d’apprentissage par cœur…,
  • -une intensité et un besoin important de concentration dans la recherche de compréhension des données enseignées et des solutions proposées pour les problèmes,
  • -un entraînement à l’effort intellectuel ,

En synthèse, il s’agit ainsi de former les écoliers, dès leur plus jeune âge à une structuration mentale orientée vers le sens et surtout la nécessité de l’effort.

3. • L’exigence de résultats doit enfin et surtout concrétiser la validation du parcours scolaire par :

  • -la sélectivité effective des examens, véritable apprentissage du vécu de la notion d’enjeu et d’objectif à atteindre,
  • -l’acceptation du concept de classement, source d’émulation et d’esprit de compétition. Ainsi, pour reprendre la citation d’humour d’Alain Finkielkraut, « le bac ne doit pas être considéré comme seulement un nouveau droit de 1′ homme » ; un véritable examen doit sanctionner par le mérite sélectif la validation d’un acquis et d’une opportunité d »ouverture·à une orientation future : comment., sans sélection,, répondre aux 20 000 demandes d’aujourd’hui sur Parcoursup. d’inscriptions à Sciences Po Paris ?

Cette dernière condition de résultat, véritable garantie des exigences de discipline et de travail mentionnées plus haut, doit constituer le pilier majeur de la formation d’une tournure d’esprit à inculquer aux jeunes.

En conclusion, l’éducation à la discipline, au goût de l’effort, à la confrontation au résultat, au-delà de l’objectif de transmission des connaissances qu’elle contribue à mieux atteindre, doit ainsi susciter chez les enfants un éveil à l’ambition.

En ce sens, la vertu d’exigence doit devenir – redevenir – une école de la vie, porte d’accès à un parcours personnel et professionnel davantage riche de promesses.

En rappelant la noblesse de la mission des enseignants, en renouvelant la reconnaissance de la dignité de leur fonction, en additionnant  le devoir de vigilance attentive et respectueuse des parents, nous retrouverons  le succès historique de notre école française.

Chers Ministres en charge de l’Éducation Nationale, d’aujourd’hui et de demain,

Puissiez-vous conduire avec une conviction communicative et fédératrice ce renouveau tellement impératif en vous fondant sur le concept de l’exigence et de l’effort : la priorité des priorités pour nos jeunes et pour la France.

Gérard Laloi.

MISE À JOUR après PISA 2026

 Depuis la parution du classement Pisa, un malheur n’arrivant jamais seul, nous avons droit aux élèves dans la rue, arc-boutés contre les conditions matérielles, les remplacements jamais résolus, les horaires, PARCOURSUP, etc. Et des professeurs défilants curieusement assez souvent à côté de leurs « victimes » !

Quelques données :

  • la majorité des professeurs considère qu’il est plus important de gérer les inégalités que de transmettre ou d’acquérir des connaissances ( !).
  •  la majorité des Français pense que l’enseignement privé fonctionne mieux et plus efficacement que l’enseignement public !

Pourquoi dans ces conditions ne pas tout simplement libérer le développement de l’enseignement privé qui a, c’est vrai aussi, l’avantage, par construction, de la décentralisation. Sa limitation à 20 pour cent des places n’est pas légale, mais le résultat de la pression des syndicats publics. Pour information, la Belgique à 80 pour cent de privé et est mieux classée que la France !

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