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La MONTÉE de l’IDÉOLOGIE ANTI-OCCIDENTALE dans l’UNIVERS MUSULMAN

par Claude Sicard
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La France ne parvient plus à assimiler tous les nouveaux migrants qui viennent s’installer chez elle, et notre société a fini par se fracturer. Il faut donc comprendre comment il s’est forgé chez  les musulmans, puisque c’est de cela dont il s’agit, à travers les siècles, une forte idéologie antioccidentale.

Henri Guaino, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, interrogé le 20 mai sur LCI, a déclaré qu’il est impossible que deux civilisations cohabitent sur un même territoire. Il reprend la thèse du grand anthropologue Claude Levy-Strauss qui nous disait, dans « Race et Histoire », que lorsque deux civilisations se disputent un même territoire, soit l’une des deux absorbe l’autre, soit il se dégage de ce combat l’émergence d’une nouvelle civilisation irréductible par rapport aux deux autres, ce qui signifie, dans notre cas, une mutation de notre civilisation, à terme. Or, nous n’avons  aucune envie de changer de civilisation.

On se souvient que Samuel Huntington, professeur a  Harvard  avait publié, en 1996, un ouvrage qui avait, à tort,  été très controversé en France : il l’avait intitulé « Le choc des civilisations », et ses vues étaient pourtant tout à fait exactes. Dans notre pays, qui est une destination privilégiée pour tous ces nouveaux immigrants,  la  société, depuis que l’islam s’y est installé, est fortement troublée. Elle se fragmente, et l’on voit des musulmans  commettre, régulièrement, des attentats au nom de  leur Dieu, en proclamant « Allah Akbar » : ils font le jihad contre les incroyants

Le  politologue  Jérôme Fourquet, dans son ouvrage « L’Archipel français »  (Le Seuil), paru en 2019, nous dit : « En quelques décennies tout a changé : depuis 50 ans les principaux ciments qui assuraient la cohésion de la société française se sont désintégrés ». Il explique que le soubassement philosophique constitué par le christianisme s’est effondré et que le pays est, désormais, « un  archipel constitué de groupes ayant leur propre mode de vie, leurs propres mœurs, et leur propre vision du monde ».

Notre société, comme toutes les sociétés occidentales, est constituée par des  personnes qui ont des croyances très diverses : des juifs, des chrétiens, etc….. et aussi, et c’est maintenant la majorité, des individus qui sont athées ou agnostiques, et  ce sont, là, autant de personnes qui posent des problème aux tenants de la religion musulmane. Il faut bien voir que l’islam est une idéologie intransigeante : elle veut que tous les hommes, sur notre planète, se soumettent aux lois qu’Allah, le dieu de l’islam, lois qu’il a pris le soin de dicter au Prophète  Mahomet, en Arabie, au VIIe siècle de notre ère.

Ce n’est pas du tout dans le projet de notre société occidentale, une société qui est fondée sur le judéo-christianisme, et qui, de surcroît, a adopté comme régime politique « la démocratie », c’est-à-dire une  société régie par des lois que les hommes se  donnent  à eux-mêmes.

Il faut donc voir quels sont les éléments qui engendrent ce profond clivage entre les membres de notre société et les nouveaux arrivants dont nous parle Jérôme  Fourquet. Il s’est forgé dans les pays musulmans une idéologie anti-occidentale, et pour le comprendre il faut s’en référer à trois sources différentes : tout d‘abord, ce que dit le Coran, puis la vie même du prophète Mahomet qui est, pour les musulmans, le « bel exemple », et, enfin, l‘histoire qui nous enseigne comment les deux  civilisations, l’occidentale et la  musulmane, se sont affrontées dans les siècles passés.

Ce que dit le Coran

L’islam est apparu après le judaïsme et le christianisme, et, étant, lui aussi, une religion monothéiste,  il a fallu qu’il se positionne par rapport aux deux autres.

Le prophète Mahomet a donc développé la thèse selon laquelle il était le seul détenteur du  véritable message de Dieu. Il a dit aux juifs et aux chrétiens qu’ils avaient reçu, de leur prophète, des messages entachés d’erreurs : Moïse et, ensuite, Jésus le Nazaréen, ont bien été des « prophètes », c’est-à-dire des  hommes inspirés par Dieu, mais étant de simples êtres humains ils ont mal interprété le message divin, alors que lui, Mahomet, a eu le privilège d’avoir directement la parole de Dieu par l’entremise  de l’ange  Gabriel que la lui a dictée.

Mahomet apporte donc  aux hommes le vrai message divin, un message qui ne peut être contesté car c’est la copie de la Mère du Livre (Oum el Kitâb) conservée au ciel auprès de Dieu. On a donc ainsi, enfin, le message parfait du Tout-Puissant. Les juifs et les chrétiens  ne peuvent donc que s’y rallier. Ainsi, un verset  du coran dit : «  Voici le Livre béni qui confirme les écritures antérieures » (6,92). C’est ainsi qu’il faut voir le Coran, nous disent les musulmans : il corrige et complète les messages précédents, et il n’y en aura pas d’autre.

Le Coran indique donc aux hommes comment ils doivent se comporter lors de leur séjour sur notre planète, et comment doit fonctionner la société. Le devoir  de chaque musulman (la djâhada) est de participer activement au combat qui est à mener  pour qu’advienne le règne de Dieu : c’est une noble mission, et de nombreux passages du Coran la rappellent aux croyants, comme par exemple le verset qui leur dit : « Combattez de vos biens et de vos personnes dans le chemin de Dieu. Ce sera plus avantageux pour vous, si vous le comprenez » (9,41).

Et  il n’est pas exclu que ces combats puissent être violents, un verset disant : « Lorsque vous rencontrez  les incrédules au combat, frappez les au cou » (47,4).Et dans le cas où il y aurait mort d’homme, un verset  innocente les auteurs : « Ce n’est pas vous  qui les avez tués, c’est Dieu »(8,17-18). Bien sûr, le paradis d’Allah est assuré aux combattants qui viendraient à périr dans ces nobles combats.

Les incroyants sont les premiers visés : il faut les contraindre à se convertir, si non ils seront éliminés ; quant aux juifs et aux chrétiens, qui ont le mérite de croire (les « Gens du Livre »), un statut particulier leur est réservé: la dhimmitude. L’islam les presse de ne pas demeurer dans l’erreur et d’adhérer à la vraie religion, un verset leur disant : « Un annonciateur, un avertisseur, est maintenant parmi vous » (5,19).

Dans le cas où ils ne voudraient pas embrasser la vraie foi on les admettra dans la société, mais en en faisant des citoyens de second rang (les dhimmis).  On leur permettra de pratiquer leur religion à condition que ce soit avec discrétion, mais ils ne seront pas autorisés à bâtir des maisons plus hautes que celles des musulmans, n’auront pas le droit de monter à cheval (un animal noble), ni d’accéder  à des postes de responsabilité. Au titre de la protection qui leur est accordée on les assujettira  à une fiscalité particulière, tout à fait dissuasive : la jizya, plus un impôt foncier spécifique, le  kharâj. Et plusieurs versets  déconseillent  aux croyants de fréquenter des juifs ou des chrétiens. On a ainsi, par exemple : « Ô croyants, ne prenez point pour amis les juifs et les chrétiens » (5,51) ;  ou, encore : « Ô croyants, ne vous liez d’amitié qu’entre vous » (3,118). Et les  juifs sont particulièrement visés, avec des versets  comme : « Par ce qu’ils pratiquent l’usure qui leur a été défendue…..nous avons préparé à ces impies un douloureux châtiment » (62,8) ; ou, encore : « Ils répandent la corruption sur la terre…. : qu’ils soient maudits pour prix de leur blasphème » (5,64).

L’exemple du prophète Mahomet.:

Mahomet est né le 1er septembre 570 (12 rabil ‘awalà) à la Mecque, en Arabie. Sa vie nous est donnée par Ibn Ishaq, le premier biographe de l’« Envoyé de Dieu », et par les hadiths qui sont les textes qui relatent les faits et gestes du prophète. On y apprend que  Mahomet,  après qu’il fût contraint de quitter La Mecque, en 622, devint le chef politique et religieux de la communauté de Yathrib (Médine). Ce fut le début de l’ère musulmane. Il y avait à  Médine trois tribus juives qu’il essaya de gagner à sa cause, mais les juifs trouvèrent sa conduite inacceptable et sa science fausse, et ils refusèrent de se ranger sous sa bannière. Mahomet expulsa donc très vite de Médine deux de ces trois tribus, et c’est à cette occasion qu’il ordonna  de faire la prière,  non plus en se tournant vers Jérusalem, mais vers La Mecque. Quant à la troisième tribu, celle  des Banû  Qouraydah, son sort fut tragique : il fut réglé à l’occasion de la bataille des Fossés. On accusa les juifs d‘avoir apporté  une aide aux Mecquois qui étaient venus  assiéger la ville, et Mahomet ordonna donc que tous les hommes soient décapités, ce qui fut fait ; et les femmes furent mises en esclavage. Il n’y eut donc plus, ainsi, de juifs à Médine. Cet exemple de conduite envers les juifs est dans la mémoire des musulmans, le prophète Mahomet étant le « bel exemple ».

Les enseignements de l’histoire

Il faut voir, enfin, comment se sont comportés les musulmans, après la mort de Mahomet, mettant en pratique  ses enseignements. Sitôt le Prophète disparu, en 632, les cavaliers d’Allah s’élancèrent  à la conquête du monde: en un siècle ils parvinrent à se constituer un immense empire allant de l’Atlantique à l’Inde, en imposant leur foi. Ce fut le premier grand choc  avec le monde chrétien du fait que tous les territoires conquis, à l’Ouest, depuis la  Palestine jusqu’à l’Espagne, appartenaient à l’empire romain qui était chrétien, l’empereur Théodose ayant fait du christianisme, en  380, la religion officielle de l’Etat. Les musulmans, franchirent ensuite  les Pyrénées et ils se trouvèrent  finalement arrêtés, en 732, à Poitiers, par Charles Martel.

Après ce premier choc  avec le monde chrétien il y en eut un bon nombre d’autres que nous ne ferons, ici, que mentionner, pour mémoire :

  • Les croisades, déclenchées  en 1095, à Clermont, par le Pape Urbain II, pour reconquérir Jérusalem qui était tombée en 638 aux mains des musulmans ;
  • L’expulsion, un siècle plus tard, des croisés de la Terre sainte des chrétiens par Saladin qui parvint à reprendre Jérusalem en 1187 ;
  • La prise de Constantinople, la capitale de l’empire byzantin, en 1453, par le sultan ottoman Mehmet II. Constantinople était la « nouvelle Rome », et cette métropole faisait office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l’islam. Les Turcs parvinrent ensuite, en 1529, jusqu’à Vienne, qu’ils assiégèrent par deux fois, en vain.  Il s’en suivit, pendant trois siècles, d’interminables luttes pour les refouler hors d’Europe, les papes lançant plusieurs croisades « contra Turcos ». La Grèce ne fut libérée que seulement en  1829 ;
  • Ensuite, au XIXe siècle, le mouvement repartit, mais cette fois dans l’autre sens : ce fut le temps des conquêtes coloniales. Les grandes nations européennes allèrent conquérir bon nombre de territoires musulmans (dont l’Algérie, par les Français, en 1830) pour y imposer leur autorité ;
  • Et, au siècle suivant, il y eut les luttes d’indépendance menées  par les musulmans pour s’affranchir de la tutelle des nations occidentales qui étaient venues les soumettre. Partout, les nations occidentales durent capituler.

Il y eut donc bien, tout au cours de l’histoire, des affrontements constants entre le monde de l’islam et celui de la chrétienté, devenu, au XVIIIe siècle, le « monde occidental ».

La naissance du mouvement des « Frères Musulmans »:

Il faut rappeler comment l’islam, au XXe siècle, s’est réveillé après qu’il se fut  assoupi pendant des siècles. Ce fut en Égypte, qui était alors sous mandat de la Grande-Bretagne, un instituteur très religieux, Hassan el Banna, qui, en 1928, proposa aux musulmans de s’appuyer sur l’islam pour lutter contre les puissances coloniales qui les dominaient. Il créa « La confrérie des Frères Musulmans », et il expliqua à ses coreligionnaires que leur domination par les incroyants venait de ce qu’ils s’étaient par trop écartés de leur foi.

Il fit du corpus religieux du Coran un programme politique, allant jusqu’à prêcher pour la restauration du califat. Sayyed Qutb, son second, qui a été le grand théoricien du mouvement, déclencha une lutte féroce contre les Occidentaux. Il avait  été envoyé par son administration aux Etats-Unis pour étudier les méthodes pédagogiques modernes, et il en revint scandalisé par la civilisation occidentale qu’il venait de découvrir. A son retour au Caire il appela tous les musulmans à se mobiliser contre les Occidentaux, proclamant que leur civilisation était diabolique, décadente : il accusa la civilisation occidentale d’être « une civilisation matérialiste, toute d’avidité, fondée sur un capitalisme d’accumulation »,  une civilisation où « les mœurs sont dépravées et où les individus sont égocentrés et avides au gain ». C’est, proclama-t-il, une civilisation  primitive, sans Dieu (jâhiliyya). Il produisit de très nombreux écrits pour détourner les musulmans de la civilisation occidentale en leur faisant prendre conscience que l’islam est une civilisation bien supérieure : «  Quelle raison, quelle hauteur de vue, quelle humanité  en islam » disait-il, en conclusion de ses pamphlets ! Il recommanda donc aux musulmans de ne surtout pas tomber dans le piège de la civilisation occidentale.

Le mouvement frèriste, soutenu par le Qatar, s’est répandu rapidement au Proche Orient, puis  au Maghreb, et ensuite en Europe, et il s’adresse plutôt à des intellectuels, le salafisme étant orienté, lui, vers les milieux populaires. On constate, aujourd’hui, qu’il a fortement pénétré toute l’Europe où il a su tisser des réseaux d’influence très actifs. Ainsi, par exemple, a-t-on vu le Conseil de l’Europe, à Bruxelles, lancer en 2021 une campagne intitulée « La liberté est dans le hijab », pour promouvoir le port du voile islamique : on a découvert qu’avait agi, en sous-main, une association islamiste très active, le Femyso, qui est une émanation de l’UOIE, une structure dominée par les  Frères.

L’islam et les ennemis de Dieu :

Pour les musulmans radicaux les Occidentaux sont des ennemis d’Allah : ce sont des incroyants (kuffär) qui prétendent avoir le droit de vivre sans respecter les lois divines.

Dans le coran un verset dit : « Ô Prophète, fais la guerre aux incrédules et aux hypocrites, et sois rude envers eux ! La Géhenne sera leur demeure. Quelle triste fin ! » (LXVI,9).Cela est insupportable à certains, et il arrive que des musulmans très radicaux entrent en action pour faire leur devoir.

L’attentat le plus spectaculaire contre les Occidentaux fut celui du 11 septembre 2001, aux États-Unis, commis par al-Qaida, à l’instigation de Oussama ben Laden, un membre d’une riche famille saoudienne : deux avions  commerciaux détournés par des jihadistes vinrent s’écraser contre les deux plus hautes tours de Manhattan, à New-York, les Twin-Towers, faisant 3.000 morts. Le monde entier fut en émoi. Souleymane Abou-Ghaith, le porte-parole d’al-Qaida, déclara : « Nous avons pu frapper la tête d’impiété sur son propre sol. Dieu nous a demandé de terroriser les mécréants, et nous avons terrorisé les mécréants ».

Il y eut ensuite, en Espagne, les attentats de Madrid, le 11 mars 2004 : des bombes placées dans des trains de banlieue aux heures de pointe firent plus de 200 tués et 1.900 blessés.

Et, en France, un pays particulièrement visé du fait de la place qu’il tint dans l’épisode des croisades et, ensuite, de son lourd passé colonial, les attentats ne cessèrent de se multiplier : il y eut, en 2015, l’attentat contre Charlie-hebdo qui fit 12 morts, et quelques mois plus tard celui du Bataclan, en novembre 2015, qui fit 130  morts et plus de 400  blessés. On ne peut les citer tous, ici, la liste serait trop longue, mais on ne peut manquer de rappeler l’odieux assassinat de Samuel Paty, trouvé décapité dans une rue aux abords de son établissement : ce professeur de collège avait montré, pour illustrer son cours sur la laïcité, la caricature du prophète  Mahomet qu’avait publiée Charlie-hebdo. Et il y a eu, tout récemment, l’assassinat à Arras, dans son lycée, à nouveau d’un professeur.

Au Moyen Orient, ces dernières années, de nombreux  chrétiens se sont trouvés persécutés : 300.000 ont dû fuir la Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011, et, en Irak, il n’en reste plus que 400.000 alors qu’ils étaient 1,4 million en 1987. En Égypte, l’histoire des coptes (les chrétiens d’Égypte) est faite de persécutions.

Et il y a eu le 27 octobre 2023, en Israël, cet horrible pogrom effectué par le Hamas qui fit plus de 1.400 victimes. Le Hamas a dans sa charte, d’ailleurs, la destruction de l’État d’Israël : il a une haine inextinguible des juifs. On vit, à cette occasion, le monde immédiatement se diviser en deux : d’un côté, les pays occidentaux qui soutinrent Israël qui est leur tête de pont au Moyen-Orient, et, de l’autre, l’ensemble des pays musulmans qui prirent le parti du Hamas. Et dans les pays occidentaux on vit  de nombreux éléments des populations musulmanes immigrées manifester leur soutien aux Palestiniens.

Il y a donc, manifestement, une opposition profonde entre le monde de l’islam, à qui Allah a dit « Vous êtes la meilleure communauté qui soit jamais apparue parmi les hommes » (3,110-12), et celui de l’Occident qui a sacralisé les valeurs du christianisme dans la déclaration universelle des droits de l’homme proclamée, à Paris, le 10 décembre 1948. 

Comme si ils ignoraient les dispositions prévues par le livre saint de l’islam, et comme s’ils n’avaient aucune connaissance en matière historique, les dirigeants français ont, après le départ  du général de Gaulle en 1969, ouvert tout grand la porte à l’islam. On vit Jack Lang, qui a été ministre non seulement  de l’Éducation Nationale mais aussi de la Culture, proclamer urbi et orbi, avec la fougue qu’on lui connait  : « L’islam est une religion de paix et de lumière » ; et Jean-Marc Ayrault, premier ministre, en visite à  la mosquée de Paris, en 2012, déclarer, à l’occasion de l’Aïd:« L’islam de paix et de concorde est partie prenante  de notre pays et ses valeurs qui le fondent ».

Telle a été pendant des années la thèse officielle. Il y eut ensuite de multiples attentats et les dirigeants français durent changer de langage. On en est donc venu, finalement, à devoir demander au Conseil français du Culte musulman (le CFCM) de bien vouloir faire naître un « islam de France », c’est-à-dire un islam qui soit compatible avec nos valeurs et nos principes démocratiques ; et l’on a légiféré pour lutter contre « le séparatisme islamique ».

Mais on se rend compte, à présent, que l’on est complètement démunis. Le CFCM a éclaté en tentant de procéder à une réforme de l’islam, et nous n’avons toujours pas d’« islam de France ». Et l’on découvre que les lois sont impuissantes pour lutter contre une idéologie. Ainsi, les musulmans progressent-ils, de plus en plus, en s’appuyant habilement sur les  dispositions prévalant en leur faveur, contenues dans la déclaration universelle des droits de l’homme proclamée au Palais de Chaillot, à Paris, en 1948. Et l’écrivain algérien Boualem Sansal nous avertit que « rien ne les arrêtera ».  

Claude Sicard, auteur de « Le face à face islam-chrétienté : quel destin pour l’Europe ? » ; et, « L’islam au risque de la démocratie », préface de Malek Chebel  (Ed. François Xavier de Guibert).

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8 commentaires

Hervé LAFFORGUE mars 14, 2026 - 10:42 am

Au-delà de ces constats historiques très intéressants, en 2025 en France environ 7% de la population adulte pratique la religion musulmane (soit environ 4 millions de personnes) et parmi eux un nombre conséquent de personnes avec la nationalité française. Parmi eux, ceux revendiquant une lecture littérale du Coran sont très minoritaires mais sans doute un pourcentage suffisant pour pouvoir générer des troubles. Ne pouvant refaire une sorte de révocation de l’Edit de Nantes (qui d’ailleurs fut une erreur tragique de Louis XIV) adapté aux musulmans, ni prôner une abjuration de leur religion il va bien falloir se confronter sérieusement à la question, combattre efficacement l’islamisme (la prise de conscience des politiques fut tardive en Europe sur ce problème et rendu encore plus complexe en France avec le principe de laïcité) et revoir complètement nos processus d’intégration car ayant en France une vision universelle et républicaine et non communautaire à l’anglosaxonne, cela demande une plus forte exigence. Mais la paix civile et la cohésion sociale seront à ce prix car on ne supprimera pas la religion musulmane dans ce pays, c’est le sens de l’histoire. Je pense la République assez forte pour réussir et affronter les réalités d’un monde qui ne changera pas encore faut il le courage politique. Une politique de l’éradication et du repli religieux et identitaire serait une folie

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Yves Montenay mars 16, 2026 - 8:30 am

À Hervé Lafforgue
D’abord le mot technique du démographe : les 4 millions de musulmans (ou 5, ou ?) sont des adultes. On rajoute parfois une évaluation de nombre d’enfants, ce qui se discute car si les enfants de musulmans sont croyants dans leur jeunesse, et quelquefois plus fougueux que leurs parents, beaucoup abandonnent leur religion entre 20 et 30 ans.
Ensuite le vrai problème est la gestion de cette minorité, principalement par l’école et là on retombe sur les problèmes que vous connaissez. Ma proposition : cesser de plafonner le nombre d’enseignants pour le privé sous contrat à 20 %, pour le laisser croître « normalement » : la qualité de l’enseignement sera meilleure, et les enseignants savent mieux gérer les élèves croyants. Voir mes articles sur ces 2 sujets : la religion et l’école.

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zelectron mars 15, 2026 - 4:03 pm

Ce que l’occident ne comprend pas, c’est qu’il s’agit d’une véritable GUERRE que mène le monde musulman à notre encontre

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Yves Montenay mars 15, 2026 - 8:43 pm

Autre remarque : il n’y a pas de « civilisation musulmane ». Il y a peut-être une « civilisation arabe ». C’est un défaut français de penser que les musulmans sont arabes, alors que ces derniers sont une petite minorité (2 ou 300 millions selon la définition choisie sur environ 2 milliards vivant dans les pays musulmans). Demandez aux Iraniens s’ils sont arabes !

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Claude Sicard mars 16, 2026 - 7:39 am

yves

Mille fois raison:l’Indonesie est leplus grand pays musulman!

CS

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Yves Montenay mars 16, 2026 - 9:02 am

Je connaissais bien Malek Chebel. Attention au mot islam, qui cache l’infinité de rites et des individus. Et, parallèlement, au mot chrétienté

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Eplf IRDEME mars 17, 2026 - 8:12 am

L’anthropologue des religions et philosophe Malek Chebel est décédé ce 12 novembre, à l’âge de 63 ans, à Paris. Spécialiste de l’islam, défenseur de la liberté politique comme de la liberté de pensée, il défendait un « islam des lumières ». Il disait : « L’islam, à mes yeux, est une auberge espagnole »

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Yves, Montenay mars 29, 2026 - 1:58 pm

Le terme islam de. France n’a pas de sens pour un Musulman.
Ce qui est le plus probable, c’est une perte de la foi, (comme dans les pays musulman ) ou une laïcisation (de même) par une grande majorité au fil des générations.
Ne pas oublier que les quelques 5 millions d’adultes croyants sont moins de la moitié des originaires de pays musulmans, descendants compris. Donc beaucoup ont perdu leur foi en France ou avant

Restera une minorité militante. Ce sera une question de maintien de l’ordre, toujours comme dans les pays musulmans.
Finalement,avec un vocabulaire différent, ils ont les mêmes problèmes que nous, sauf pays à gouvernement islamiste, comme l’Iran et l’Afghanistan

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