Mesure concédée par Sébastien Lecornu afin d’obtenir le vote du budget, les repas à 1 euro pour tous les étudiants sont typiquement une mesure exigée par les socialistes, à la fois démagogique, injustifiée, non financée et même pas correctement évaluée car réalisée au détriment des CROUS. Elle ne satisfait personne.
Mesure démagogique et injustifiée.
Actuellement les repas, qui coûtent entre 8 et 10 euros aux CROUS (Centres Régionaux des Œuvres Universitaires et Scolaires), coûtent 3,30 euros aux étudiants, et 1 euro aux titulaires d’une bourse.
Ce dernier tarif a été étendu exceptionnellement à tous les étudiants pendant la crise du Covid, puis retiré en 2022 (pour une fois, la règle du cliquet n’avait pas joué!). Mais ce retour en arrière a évidemment provoqué des protestations syndicales et politiques de la gauche.
Le PS n’a pas manqué de reprendre la mesure, à laquelle le gouvernement s’est opposée dans un premier temps, arguant, avec raison, du fait qu’elle allait profiter indûment aux classes moyennes (le plafond de ressources pour l’obtention des bourses est de 101.000 euros par ménage!). Las, la mesure a fait partie des exigences du PS dans le cadre du vote du budget, auxquelles S. Lecornu s’est plié comme l’on sait.
Résultat, les mêmes qui avaient protesté contre le retrait de la mesure après la crise du Covid, reprennent leur désapprobation avec les mêmes arguments que ceux que leur avait opposés le gouvernement, à savoir le caractère injustifié du cadeau aux classes moyennes.
Désapprobation cette fois justifiée : 3,30 euros pour un repas qui coûte plus de 8 euros, c’est déjà pas mal… S’y ajoutent, pour les syndicats, l’insuffisance générale des aides et, comme on va le voir plus loin, les difficultés qui vont être engendrées à la charge du CROUS.
Mesure non financée.
Le PLFSS qui prévoit la mesure n’indique aucun moyen de la financer, autrement que par la dotation générale en provenance… du PLF, autrement dit du déficit, donc de l’emprunt . Une fois de plus.
Mesure non évaluée à sa juste hauteur.
En effet, le ministre en charge des études après le bac, annonce un coût de 90 millions d’euros, mais cette somme ne couvre que le surplus des pertes de la différence des prix de repas entre 1 et 3,30 euros.
Interrogé sur les dépenses supplémentaires d’organisation auxquelles les CROUS vont devoir faire face du fait d’un accroissement inévitable de la demande, notamment embauches supplémentaires de personnel et dépenses « bâtimentaires », le ministre s’est contenté, tout en reconnaissant l’existence de ces dernières, d’un vague « on verra en son temps » (interview France Info du 13 février).
Il faut savoir en effet que, d’ores et déjà, les CROUS sont débordés par le service des repas, locaux surchargés, personnel insuffisant et queues interminables aux restaurants (ce n’est pas nouveau). On ne peut pas en vouloir aux uns et aux autres de protester.
Des centaines de millions qu’on n’a pas, envolés pour une cause injustifiée, qui au surplus ne convainc personne : Père Ubu, te voilà revenu et et tu règnes en maître.
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