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Maison France : Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

par Yves Buchsenschutz
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La France a beau avoir devant elle un bouquet rarement égalé de problèmes : la guérison (définitive ?) de la COVID, la transition énergétique, la crise de l’énergie et la relance du nucléaire, la guerre en Ukraine, l’inflation, et peut-être une crise financière, son unique préoccupation reste pour le moment : les retraites. Cela fait un an qu’on en parle en sourdine entre spécialistes et trois mois tous ensemble.

C’est le sujet unique qui justifie un pseudo blocage de la France via les éboueurs, la SNCF, les raffineries, les écoles, et les manifestants plus ou moins syndicalistes et la lassitude des autres français : ceux qui ne peuvent pas réellement descendre dans la rue parce qu’ils sont trop jeunes, trop vieux, trop loin ou peu enclins à ce mode d’expression, etc. et nous allons tout droit vers ce que Monsieur Berger a qualifié de démocratie sociale c’est-à-dire le pouvoir de la rue, envers et contre le système parlementaire et notre constitution. De son point de vue, cela aurait au moins l’ avantage de limiter de facto l’électorat à ses partisans. Ceux-ci en effet apparemment ne savent pas voter, mais aiment marcher en taguant au passage quelque murs ou en brûlant un ou deux véhicules. C’est quelque part la copie française du Trumpisme, version NUPES.
Curieusement toutefois quand on examine les sondages, c’est moins évident, encore moins quand on observe l’évolution de la participation qui se délite progressivement.

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Depuis bien entendu cela a évolué, plutôt dans le sens du non favorable et atteint probablement plus des deux tiers des Français mais ce n’est pas la première fois que l’on fera leur bien à l’insu de leur plein gré : les 49.3 a même été créé à cet effet. Il faut donc espérer que les bons esprits qui ont conçu cette réforme voient plus clair que nous, ce qui n’est pas stupide si l’on regarde l’évolution de la démographie. Virginie Gonzales, vu son âge, devrait se poser la question de sa propre retraite dans 25 ou 30 ans : il se pourrait bien qu’il n’y ait personne pour la financer comme déjà au Japon ou en Corée.

Mais revenons à la démocratie sociale. Il semblerait que le problème avec cette dernière est que le système de gestion de l’État se dévoie considérablement. On évacue systématiquement les problèmes sérieux, compliqués ou difficiles. On se complaît par contre à loisir dans des sujets mirages superficiels et clientélistes.

  • On nous racontera ce que l’on voudra mais la limitation des vitesses de Monsieur Philippe était une loi parisienne faite pour des gens qui ont sous la main des transports en commun. Cela nous a tout de même coûté les gilets jaunes, membres fondateurs de la démocratie sociale.
  • Les lois sur les préservatifs, les serviettes hygiéniques, gratuits, ou les repas étudiants à un euro sont d’abord démagogiques. Bien entendu elles ne font pas de mal mais de là à se gargariser. « La précarité menstruelle est un enjeu collectif et une véritable question de dignité, de solidarité et de santé. Il est inacceptable qu’en 2021, on doive choisir entre se nourrir et pouvoir se protéger. » dixit le ministre. La seule chose qui est certaine c’est que si demain le téléphone portable devient gratuit, tout le monde sera d’accord et a déjà choisi. D’ailleurs il n’y a pas de choix à faire puisqu’en parallèle a été institué :

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  • l’IVG constitutionnelle ou les droits des LGBT sont du même acabit. Une députée féministe s’acharne depuis des mois à faire modifier les déclarations d’IRPP pour séparer celle des hommes et des femmes. À noter que ceci est déjà possible aujourd’hui en option. L’argument est que cela pénalise les femmes qui ont en général des salaires inférieurs à leur conjoint. Peu importe qu’au total l’imposition du couple augmente. Ce n’est pas encore fait mais cela viendra certainement. Et une injustice de plus aura été réparée. Merci Jeanne d’Arc. On a l’impression sinon la certitude que toute minorité peut venir quémander et obtenir quelque chose : c’est pour ça qu’il y avait – il existe peut-être encore – un statut particulier pour les pipiers de Saint-Claude. On est très loin de l’abolition des régimes spéciaux dont on crée de nouvelles catégories presque chaque jour : les paniers alimentaires, la limitation des promotions, les primes Macron, les chèques énergie ou alimentaires, l’isolation à 1 € ? relèvent des mêmes démarches. Ce sont plus ou moins des cautères sur des jambes de bois. La France et les Français s’appauvrissent au moins en comparaison avec leurs voisins compétiteurs immédiats et toutes ces mini décisions finissent par lui coûter très cher : charges sociales extravagantes, déficit et dettes. La France est passée de la 16ème place mondiale en 2013 à la 26ème à date, et de la 10ème à la 20ème en Europe[[Voir L’Indice de qualité de vie par pays en 2022, source Numbeo]]. L’examen comparatif sérieux des situations devient inextricable en particulier sur le plan fiscal.
  • Nous devenons les spécialistes des lois incompréhensibles : voici un extrait du dernier code général des impôts : « Art. 13 du CGI: 2. Le revenu global net annuel servant de base à l’impôt sur le revenu est déterminé en totalisant les bénéfices ou revenus nets mentionnés aux I à VI de la 1re sous-section de la présente section ainsi que les revenus, gains nets, profits, plus-values et créances pris en compte dans l’assiette de ce revenu global net en application des 3, 6 bis et 6 ter de l’article 158, compte tenu, le cas échéant, du montant des déficits visés au I de l’article 156, des charges énumérées au II dudit article et de l’abattement prévu à l’article 157 bis »». Avez-vous, contribuables, après cette lecture édifiante une idée de la base sur laquelle vous êtes imposés ? À titre personnel et par hasard cela fait un trimestre que la DGFIP prélève des sommes sur de mes comptes bancaires sans en avoir sollicité le droit et sans être capable d’expliquer à quoi cela peut bien correspondre. Ma banque non plus d’ailleurs !

Le « Nul n’est censé ignorer la loi » est devenu une plaisanterie sinistre.

  • Les Français ne le savent peut-être pas mais la plupart de nos lois sont désormais issues de l’Europe. Les pays en général transcrivent ces lois dans leur droit national et abrogent tout simplement les anciennes. La France agit différemment : elle corrige ses lois en fonction des décisions européennes et maintient donc les anciennes en vigueur. Le plus souvent elle accentue les obligations des assujettis pour paraître le bon élève de la classe. Le résultat est à peu près identique à celui de notre avant-dernier paragraphe. C’est ainsi que les fabricants de voitures français se sont préparés à passer rapidement à la voiture électrique. Mais en définitive les Allemands l’ont refusé. Donc cette loi est devenue caduque ! Accessoirement, l’Europe a parfois pris des décisions disons embarrassantes : en matière d’immigration, nous avons par exemple le devoir de respecter voire conserver la culture de chaque immigrant ce qui bien entendu va à l’encontre d’une bonne intégration à défaut d’assimilation et enclenche le communautarisme.
  • L’ensemble de ce corpus législatif fait qu’insidieusement mais toujours pour la bonne cause, le collectif envahit progressivement la sphère privée, paralysant progressivement les libertés mais aussi les initiatives et les innovations. C’est le cas typique du principe de précaution : quand on invente on n’est par définition jamais certain du résultat. Si l’on applique le principe de précaution à la lettre on ne fait donc plus rien sinon copier. Au passage le public crée des services et des emplois pour contrôler tout cela, ce qui est un coût supplémentaire et les citoyens sont progressivement non seulement ligotés mais infantilisés. Pour une petite entreprise, de 10 salariés, un contrôle URSSAF c’est dès le départ 45 pièces ou dossiers à fournir !!!
  • Il faudrait compléter ce tableau par des lois non appliquées ! Parce que mal ficelées ou bien parce que l’administration a changé d’avis. Dans ce cas les décrets d’application ne sont jamais diffusés. Bizarre tout de même. Qui gouverne ?
  • Le comble est en train d’être découvert à l’occasion de l’audit par les assemblées des décisions des gouvernements successifs concernant la politique énergétique et en particulier nucléaire de la France: les lois fixant la part du nucléaire dans le mix énergétique (objectif 50 %) français par exemple ont été décidées, de l’aveu même des participants, sur un coin de table. Pire : pour de simples raisons d’alliance politique sans aucune vérification ni intervention de spécialistes compétents. On croit rêver ![[Audition Mr Montebourg sic]]

Conclusions : La démocratie parlementaire c’est parfois difficile à suivre, mais la démocratie sociale c’est : pas de pilote dans l’avion ! (On n’est pas pressé !). Et si on se mettait au travail ?

 

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2 commentaires

moulin mars 21, 2023 - 9:57 am

Trop de pilotes
Trop de pilotes

les administrations n’existent que si la liberté et la responsabilité sont compliquées et empêchées.

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Yves BUCHSENSCHUTZ mars 22, 2023 - 6:54 pm

Maison France : Y a-t-il un pilote dans l’avion ?
A la relecture de mes notes, je m’aperçois que j’avais encore dans ma besace dans la liste des lois clientélistes : l’étiquetage in extenso du contenu et du process de fabrication des vêtements (l’étiquette sera bientôt plus grande que le jeans), les « prêts » aux divorcés, possiblement non remboursables, l’index des seniors (la chasse est ouverte), le détail des occupants des logements pour l’IRPP, au garage près … et j’en oublie, tout cela pour faire notre bien à l’insu de notre plein gré! une idée du coût ne serait-ce qu’administratif ?

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