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C’EST LA PRODUCTIVITE QUI CREE LA RICHESSE

par Gérard Dosogne
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Je résume ci-dessous une conversation entre deux chercheurs en économie de l’Université de Chicago, Chad Syverson et Hal Weitzman au sujet de la productivité.

Au cours des 20 dernières années, la croissance de la productivité américaine a été lente, à environ 1,2 pour cent, comparé au rythme de 3 pour cent auquel elle a augmenté entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000. Chad Syverson, de Chicago Booth, affirme que si la productivité américaine n’avait pas ralenti, l’économie américaine aurait été plus grande. Alors qu’arrive-t-il à la productivité, et est-elle enfin sur le point de franchir un nouveau cap ? …

Chad Syverson ajoute : si la croissance de la productivité n’avait pas ralenti, le PIB par habitant aurait été supérieur de plus de 30 %, ce qui représente probablement environ 25 000 dollars supplémentaires par personne. Nous sommes donc tous plus pauvres de 25 000 $ que ce que nous aurions été si la croissance de la productivité était restée à son niveau du boom informatique.

Par là je veux dire, que, la grande question est que nous entendons autant parler d’IA maintenant, tout comme nous entendions tant parler d’informatique en son temps. Il y a de plus en plus de discussions sur l’IA et davantage de personnes l’utilisent dans un certain sens, mais cela ne conduit pas nécessairement pour le moment à une productivité durablement plus élevée.

La productivité a augmenté de près de 3 % par an au cours de la période de boom informatique. Depuis, elle a chuté à 1,2 %. On parle donc d’une baisse de croissance de plus d’un et demi pour cent par an. Maintenant, juste pour vous donner une idée de ce que cela représente, le PIB (USA) est actuellement d’environ 28 000 milliards de dollars. Donc 1%, c’est 280 milliards. La façon d’envisager la productivité est la quantité qu’un travailleur donné produit au cours d’une période donnée. Donc, si la croissance de la productivité est 1 % plus rapide en un an, cela signifie que nous obtiendrons 280 milliards de produits supplémentaires grâce aux mêmes travailleurs que nous l’aurions fait autrement.

D’accord? Alors 1.5% c’est quoi ? 420 milliards de dollars. Et si vous ne disposez que d’un an, d’accord, très bien. Je veux dire que 420 milliards, c’est 1,5 %, ce n’est pas ridicule, mais cela peut arriver. Mais lorsque cela se produit année après année, et comme vous l’avez mentionné, nous approchons maintenant de 20 ans de ce ralentissement, cela s’aggrave. Et  1,5 % par an, composés sur 19 ans, cela représente une production par travailleur inférieure de plus de 30 % à celle que nous aurions eue si la croissance de la productivité n’avait pas ralenti au milieu des années 2000.

Hal Weitzman : C’est vrai. Quand vous parlez de production par travailleur, je veux dire, cela signifie que nous sommes tous plus pauvres que nous aurions pu devenir.

Mais vous avez cette recherche intéressante dans laquelle vous expliquez comment la productivité augmente réellement grâce à la technologie. Et vous parlez de la courbe en J. Donc en bas du J, c’est comme une poignée de parapluie, non ? Au bas de la partie manche, les choses ne s’améliorent pas vraiment et puis du coup elles s’améliorent très, très vite. Et cela s’est produit avec la vapeur, avec le moteur électrique, avec le moteur à combustion, avec l’informatique. Vous en parlez, alors c’est peut-être le cas, non ? Est-il possible, diriez-vous, que nous soyons dans la partie ascendante de la courbe en J de l’IA, que les gens commencent à dépenser, et que ces investissements, en d’autres termes, commencent à nous rendre plus productifs ?

A cette question, la position de Chad Syverson est prudente : le regain de productivité que l’on voit aujourd’hui aux Etats Unis reste faible et l’IA n’a pas encore produit ses effets : pour l’instant c’est plutôt un effet post Covid : les gens ont plus changé de job pour prendre des jobs plus productifs. L’effet de l’IA viendra plus tard, comme ce fut le cas pour la « révolution » informatique dans les années ‘90

On voit donc que l’augmentation de la productivité est le facteur le plus important dans l’augmentation de richesse d’un pays, et donc de ses habitants. Il faut donc que chaque travailleur puisse produire plus et mieux année après année. Prend-on ce chemin en France ?  

Un petit calcul montre que un pour cent de productivité supplémentaire correspond, en France à 24 milliards d’€. Le calcul sur 19 ans de ce pour cent de déficit cumulé à 2% : 525 milliards soit plus de 20% de PIB « en plus » en 2024…mais pour l’instant présent, il semble que la machine française repart à reculons !

PS : pour information la croissance annuelle moyenne de la productivité en France a été de 1,9% de 1980 à 2009 et de 0,3% de 2010 à 2022   (Source : OCDE, calculs SG-COR.)

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3 commentaires

moulin mai 10, 2024 - 3:22 pm

Ce texte est de la pure incantation.Tout le monde sait que les intérêts composés font rapidement la différence entre les petites et grandes valeurs. Par contre ces économistes semblent ne pas avoir d’idée sur ce qui permet une plus grande croissance de la producitivité ni sur quelles politiques un pays peut influencer la croissance de la productivité.

C’est ce que j’attends de l’IRDEME.

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zelectron mai 14, 2024 - 10:21 am

l’outil de productivité majeur dans les manufactures de quelques horizon qu’elles soient est LE ROBOT associé désormais avec l’AI.
sans cet outil il est inutile de se battre . . . . les migrants deviennent parfaitement inutiles et même nuisibles à tous points de vues (1 robot remplace à minima 10 migrants 24/24/365)

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Eplf IRDEME mai 14, 2024 - 11:26 am

Belle piste ! Et si vous écriviez une note ?

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