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Un corbillard français fonçant dans le brouillard : démographie et retraite

par Yves Buchsenschutz
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Financement du parcours social, la chenille de vie :

Le plus simple est probablement de reprendre le schéma que nous avions proposé dans l’article du 9 janvier : La réforme des retraites et la tectonique des plaques.

Financement du parcours social, la chenille de vie :

Financement du parcours social, la chenille de vie :


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En définitive, la seule période d’activité, doit financer, directement ou via les entreprises, l’ensemble des dépenses d’une vie complète, de manière volontaire à l’intérieur de la famille pour l’élevage, par l’intermédiaire de cotisations pour le chômage, la santé et la retraite.

Vous trouverez ci-joint deux articles d’Yves Montenay :

Le premier, La fable du roi et des retraites a le mérite de faire comprendre que la base du système ne peut être que la natalité. Si la natalité s’écroule, quel que soit le système retenu, les retraites ne pourront plus être assurées ni d’ailleurs dans une certaine mesure la vie normale de la population résiduelle. On assistera à une forme ou l’autre d’implosion. Ceux qui aujourd’hui font le choix de ne pas élever d’enfants font, consciemment ou délibérément, le choix de ne pas avoir de retraite, s’affranchissent d’une charge que dans tous les cas leurs voisins devront assumer et s’exonèrent de par la même d’une partie de leur cotisation globale. Quant à l’argument de la saturation de la planète il pourrait être convaincant dans le cas de certains pays mais certainement pas dans celui de la France, pays vide de l’Europe (densité de la France : 106 habitants au kilomètre carré en 2019, densité des Pays-Bas 460, de l’Allemagne 260, de la suisse 270). Cet article permet de comprendre que si la natalité baisse trop, la machine à toutes les chances de s’enrayer et ceci malgré les possibilités d’immigration. On se retrouvera dans une situation où tout ou partie des emplois et des fonctions resteront à pourvoir, sans espoir de trouver un candidat et donc et donc d’obtenir la prestation correspondante quel que soit le prix proposé[[C’est très exactement mais à grande échelle le problème des soudeurs pour l’industrie nucléaire : il n’y en a plus assez et il faut plusieurs années pour en former un.]]. A souligner également l’énorme inertie de l’ensemble de ce système non seulement autodestructeur mais qui se joue qui se joue sur des générations[[La femme qui ne naît pas en 2023 ne pourra pas, en tout état de cause, donner naissance à un bébé en 2048 !]].

Le deuxième article Les retraites et la fécondité en débat à L’IRDEME-EPLF recadre l’ensemble du problème en intégrant cette donnée de base, ainsi que celles de productivité, d’immigration etc…
Discuter des formes possibles que peut prendre la réforme des retraites (laquelle devrait obligatoirement intégrer des rendez-vous réguliers et des procédures d’ajustement pour tenir compte de l’évolution constatée des équilibres) est d’évidence un exercice nécessaire, refuser en bloc tout aménagement hors le statu quo dans l’équilibre élevage – travail – retraite est tout simplement un comportement suicidaire dont la gauche et les syndicats porteront la responsabilité. Ils ont actionné le levier de l’avantage acquis au-delà de toute raison. On pourrait par ailleurs faire remarquer que la France a peut-être d’autres problèmes plus urgents à traiter, la natalité par exemple, voire l’immigration au moins dans sa gestion.

 

dessin_yves.jpgFinancement du parcours social, la chenille de vie :
Financement du parcours social, la chenille de vie :
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4 commentaires

Montenay février 14, 2023 - 2:57 am

Un corbillard français fonçant dans le brouillard : démographie et retraite
Merci, c’est limpide

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Moulin février 14, 2023 - 9:39 am

Le billet ne va pas au bout de sa logique
Le billet ne va pas au bout de sa logique

La logique serait d’appliquer un coefficient multiplicateur aux retraites des femmes selon le nombre d’enfants élevés. Bien élevés ?
Actuellement les mères gagnent quelques trimestres de cotisations .
Et le père ?
Du brainstorming est nécessaire pour modéliser les modalités d’un programme de stimulation de la natalité . Par certains cotés l’IRDEME a une certaine légitimité.

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Molimard février 14, 2023 - 9:55 am

Une bien longue retraite avant Un corbillard français fonçant dans le brouillard : démographie et retraite
J’ai eu l’immense honneur de connaître un petit peu Louis de Cazenave à la fin de sa vie. C’était un de nos derniers poilus, décédé, me semble t il en 2007. Il avait été mis en retraite anticipée en 1942 par pétain et le régime de Vichy, je crois me souvenir que c’était pour faits de résistance. Il a donc eu environ 65 ans de retraite, un beau record difficile à battre…

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Molimard février 14, 2023 - 12:24 pm

Le concept de « salaire de vie » : démographie et retraite
Il y a quelques dizaines d’années de cela, un journaliste de Challenges nous décrivait le concept de « salaire de vie », c’est à dire tout ce qu’une personne peut gagner dans sa vie, depuis son embauche jusqu’à son décès. Certaines professions avaient une espérance de vie inférieure à l’âge de la retraite, d’autres percevaient deux fois ce qu’ils avaient perçu durant toute leur période d’activité, par exemple en touchant 75 % des six derniers mois d’activité dans la fonction publique, ce qui est très favorable. Pour Louis de Cazenave, désolé, je viens de vérifier sa période de retraite sur « wikipédia », c’était, en fait, de Décembre 1941 jusqu’à Janvier 2008, soit 66 ans et deux mois environ. Je crois me souvenir, toutefois, qu’il avait une très faible pension à la fin de sa vie (mauvaises réévaluations vis à vis de l’inflation). Mais certains hauts fonctionnaires, devenus centenaires, ont eu plus de chance : par exemple, Antoine Pinay ou encore nos héros Hubert Germain et l’Amiral de Gaulle, que je salue et qui est toujours parmi nous. D’autres personnages célèbres, avec des parcours plus liés aux milieux d’affaires du privé, auront aussi eu plus de chance, avec leurs « stocks options », »parachutes dorés » et « retraites chapeaux », certains atteignant même le million d’euros annuel, en global… Destinée, destinée, chantait Guy Marchand !

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