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Programme Pécresse « le courage de faire »

par Alain Mathieu
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Après la diffusion d’une brochure de 16 pages annoncée comme son « projet complet », Valérie Pécresse a tenu le 14 mars une conférence de presse sur son programme électoral. Lors de cette conférence de presse elle a annoncé la distribution aux journalistes d’une fiche de chiffrage des 84 Mds € d’économies et des 42 Mds € de dépenses supplémentaires prévues pour 2027. Actuellement cette fiche n’est pas publiée.

Ne pouvant analyser le détail de ce chiffrage, on peut cependant faire quelques remarques :

– Les 45 Mds € de réduction du déficit public annoncés précédemment sont passés à 84–42=42.
– Ces 42 Mds € sont annoncés comme un déficit public ramené à 3 % du PIB en 2027. Le déficit public actuellement annoncé pour 2022 est de 7 % du PIB, soit 172 Mds €. Une réduction de 42 Mds € le ramènerait donc à 130 Mds. Le PIB annoncé pour 2022 est de 2460 Mds €. En 5 ans, il devrait augmenter de 10 à 20 %, suivant les hypothèses de croissance et d’inflation. Il serait donc en 2027 compris entre 2700 et 2950 Mds €. Le déficit de 130 Mds€ serait alors compris entre 4,4 et 4,8 % du PIB. Comment Valérie Pécresse peut-elle dire qu’il sera de 3 % du PIB ?
– Le « projet complet » est constitué par certaines promesses qui ne seront réalisées qu’en 2030 ou après : retraite à 65 ans, 65 Mds de dépenses militaires, 1 million de « talents numériques » formés, « cloud souverain », « la baisse du forfait social payé par les entreprises se fera en deux temps », « plan anti-ghettos sur 10 ans », fin de la vente des véhicules thermiques (en 2035), etc. Ces promesses engagent le successeur de Valérie Pécresse (si elle est élue). Leur coût en 2027 dépendra du rythme de réalisations du programme. Une cohérence rigoureuse n’est pas au rendez-vous.
– De nombreuses promesses sont formulées en termes vagues : « baisse des charges sociales sur le travail », « allègement des charges des agriculteurs, « nouvelles liaisons TGV », 500.000 logements « neufs ou rénovés » par an, « je lutterai contre les fraudes fiscales et sociales », suppression de 500 organismes publics et des « doublons » (sans dire lesquels), etc. Comment un chiffrage peut-il être fait avec des promesses aussi floues ? Là encore, la précision n’est pas de règle.
– Valérie Pécresse affirme « faire les réformes puissantes que la droite voulait faire en 2017 ». Cela n’est pas exact pour les retraites (plus question de supprimer les régimes spéciaux),pour les 35 heures (plus question de « la fin de la durée légale de 35 heures »), pour l’IFI (L’ISF devait être entièrement supprimé), pour la suppression des normes dépassant les exigences européennes, pour les privatisations se toutes les entreprises publiques du « secteur commercial », pour la suppression de l’obligation de rachat de l’électricité produite par les éoliennes et les panneaux solaires, etc.
– Valérie Pécresse n’a pas repris des promesses annoncées dans « notre projet pour la France 2022 » publié par les Républicains l’an dernier : « l’allocation sociale unique plafonnée à 75 % du SMIC », la carte vitale biométrique, la vente aux locataires de 5 % des HLM chaque année, la division par deux des impôts de production (soit 40 Mds € au lieu de 10).
Bref, avant d’avoir le courage de faire, Valérie Pécresse n’a pas encore le courage de dire et de promettre de vraies réformes.

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