La semaine dernière a vu le décès d’un de nos anciens premiers ministres, Lionel Jospin, lequel a eu droit à des funérailles quasi nationales. Honneur et discours du Président de la République, hommages multiples de toutes parts, et rappels de son long parcours politique, lequel s’est, malheureusement pour lui, terminé lors d’une présidentielle perdue.
Il avait par contre manifestement « gagné » une cohabitation avec le président Chirac dont je me rappelle avoir dit à l’époque qu’elle était pénible pour les deux champions en présence, mais plutôt satisfaisante pour les citoyens qui voyaient s’élaborer au fil du temps des politiques un peu plus équilibrées, de facto des compromis, ce que la France connaît peu.
L’homme d’abord ne peut certes pas, au moins de ce que l’on en sait dans le grand public, mériter autre chose qu’une reconnaissance générale pour sa rigueur et son intégrité « toute protestante » puisque c’est l’image de cette partie de la population et ce n’est déjà pas si mal. Il faut le reconnaître car ce n’est pas si fréquent : Lionel Jospin avait choisi une route et il s’y est semble-t-il tenu toute sa vie à quelque niveau que ce soit, y compris les plus élevés.
Humilié lors de son échec à l’élection présidentielle en 2002, en préparant uniquement un second tour auquel il a fini par ne pas participer faute d’avoir gagné le premier, il aura eu le mérite d’abandonner la politique, même s’il fit quelques tentatives de retour par la suite. En 2024, il aura soutenu le Nouveau Front populaire, l’alliance avec les Insoumis ne lui posant aucun problème de conscience. (Il est vrai que l’époque était d’ailleurs différente).
Mais on cite du coup et à tour de bras ses « succès » politiques : les 35 heures, la CMU, la baisse du chômage, la création de centaines de milliers d’emplois jeunes et pourtant, il y a beaucoup à dire a posteriori sur les décisions qu’il a prises ou qu’il a inspiré :
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Ministre de l’Éducation nationale durant presque quatre ans entre 1988 et 1992, il n’aura rien fait pour « dégraisser le mammouth » et il n’aura laissé aucune empreinte sur un corps enseignant hyper syndicalisé et bloqué, pourtant majoritairement de son bord.
Une réflexion plus profonde nous aurait peut-être épargné l’attitude assez généralisée anti travail des nouvelles générations. (Report infini du démarrage dans la vie professionnelle, absentéisme, année sabbatique etc.). (Accessoirement aucune réflexion sur la fonction et le statut professoral malgré l’évolution accélérée des techniques d’information).
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Premier ministre durant quasiment cinq années entre 1997 et 2002, il n’aura pas profité de la bonne situation internationale pour redresser le pays. Bien au contraire.
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il aura plombé le temps de travail avec les 35 heures ; cette mesure, bien entendu très populaire, aura significativement décroché la compétitivité de l’économie France vis-à-vis de ses concurrents (pays en voie de développement mais aussi en Europe !). Il a engagé un processus de décalage qui a été ensuite amplifié (congés payés supplémentaires) et continué encore récemment par les arrêts maladie « moraux » ou les congés paternité…
Le travail dans notre pays semble devenir une exception, ce qui ne fait certainement pas de bien à la balance commerciale, aux entreprises mais aussi au niveau de vie.
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il aura contribué à désarmer la France.
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il n’aura ni abaissé la fiscalité, ni diminué la dette publique.
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il a étendu le domaine de l’État social par la création de la CMU et de milliers d’emplois jeunes. Il a commencé à financer le chômage et le social par la dette.
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il aura, sur fond électoraliste, affaibli la filière nucléaire ; les quelques privatisations ou cessions de participations de l’État ne pouvant compenser cet abandon idéologique.
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il a laissé, quoiqu’en l’interprétant de manière plus réaliste, le président Chirac installer le principe de précaution lequel, quelque part, est devenu le premier obstacle à la création d’activités nouvelles, seule susceptibles d’améliorer significativement le pouvoir d’achat des Français (ce qu’ils réclament à grands cris chaque jour !).
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dans ce même registre il a largement participé au gauchissement et au développement d’un écologisme idéologique et dictatorial.
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il a malheureusement été suivi par une série de gouvernements qui n’ont fait que prolonger ces dérives, le président Hollande en particulier sur le temps de travail et le président Macron sur la généralisation de l’État « Nounou ».
Il ne faut donc pas s’étonner que devant la crise internationale actuelle, les conflits en cours, et en particulier ses conséquences directes aujourd’hui et indirectes demain sur le coût de l’énergie et l’inflation, la population se tourne comme un seul homme vers l’État : Saint Gouvernement « Protégez Nous ! ». Pour la première fois le Saint tutélaire des Français a répondu que les caisses sont vides ! Velléité ou virage ? Courage M.LECORNU !
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