Rien ne se perd : tout se (re)crée !
L’innovation : le souffle de la (ré)industrialisation!
L’entrepreneur sait se fixer un objectif, véritable moteur de sa motivation. Bâtir un projet au service de « son » idée, donnera tout son sens à son action. Son attitude deviendra vocation !
De la définition de sa stratégie viendra son succès : innovation, qualité spécifique, force de sa marque, constitueront le triangle fondateur de la réussite de son entreprise.
Naturellement, l’optimisation des coûts de son exploitation devra rester un critère majeur de sa vigilance.
Toutefois, la compétitivité hors prix de son offre – nouveauté, unicité, notoriété – , par le pouvoir de fixation des tarifs qu’elle lui autorisera, forgera la clé indispensable à la prospérité de sa société.
Le facteur premier de ce triptyque, l’innovation, mère des deux autres critères, la spécificité et la réputation, lui ouvrira le chemin de la croissance.
Cette faculté de création inventive, quasi illimitée à l’observation de l’histoire économique, ouvre potentiellement des perspectives passionnantes et revigorantes au projet de réindustrialisation de la France. La volonté et la détermination ancrée de l’entrepreneur y contribuera. De nombreux projets déjà réussis ou en cours dans notre pays ou chez nos voisins étrangers doivent nous conforter dans cette vision d’espoir.
Commençons par un exemple exceptionnel de révolution technologique, touchant par la condition dramatique de l’inventeur, impressionnant par le retournement prodigieux, censément inimaginable, de sa situation de quémandeur devenu offreur !
L’Ukraine, par l’invention d’engins de lutte contre les drones Shahed, infiniment moins coûteux que les lanceurs « Patriots » antimissiles américains, -quelques milliers de dollars contre plusieurs millions- se trouve aujourd’hui sollicitée par des demandes des États-Unis et de certains pays du Golfe. La florissante industrie de défense de Kiev devient ainsi exportatrice !
Et, surtout, remonte ce pays dans le jeu géopolitique mondial ! L’innovation a apporté au pays de nouvelles et précieuses « cartes en main », qu’il n’avait parait-il pas, selon l’affirmation même du Président américain !
En France, dans le domaine plus strictement commercial, deux initiatives novatrices saillantes prouvent la capacité de nos entrepreneurs à contribuer au renouveau industriel de nos territoires :
l’un par l’ouverture d’un considérable marché potentiellement mondial, l’autre par la résilience d’un savoir faire endormi par l’obsolescence et réveillé par une adaptation créative à l’attente du consommateur d’aujourd’hui.
Le premier exemple concerne le lancement par une startup aéronautique française « Flying Whales », littéralement « Baleine Volante », créée en 2017, d’un projet de dirigeable cargo géant ,de 200 m de long et 50 m de diamètre, gonflé à l’hélium non pressurisé, un gaz inerte non inflammable. Doté d’une soute de 100 m de long, il peut transporter 60 tonnes de fret, puis les décharger, en situation de vol stationnaire, dans des zones difficiles d’accès. (Sources Figaro Économie du 3 mars 2026). (https://www.flying-whales.com/ pour le film de simulation).
Présenté en marge du dernier déplacement du Président de la République en Inde, le pays hôte s’est montré très intéressé par ce projet. » Pays en forte croissance, il est doté de régions montagneuses enclavées peu accessibles par la route. Il fait face à d’importants problèmes d’infrastructure dont il peut s’affranchir par la voie des airs ».(Sébastien Bougon, président fondateur de « Flying Whales »). Un premier partenariat vient d’être signé avec un groupe indien.
Projetant de se développer à partir de trois hubs mondiaux – le premier en France à Laruscade, en Gironde, en charge de l’Europe et de l’Afrique, le deuxième en Inde consacré à l’Asie et au Moyen Orient, le troisième prévu au Canada tourné vers l’Amérique – la société française vise une production de 160 dirigeables d’ici 10 ans. A terme, une évaluation de marché à 800 appareils dans le monde peut s’envisager.
Certes, l’aventure industrielle de cette startup ne fait que commencer et demande naturellement à se concrétiser par les premières commandes et livraisons effectives. Toutefois, les premiers accords de précommandes (85 à date) annoncent de riches promesses.
Le deuxième exemple conforte la capacité de résilience de l’industrie française par l’innovation, simple et pragmatique, adaptée et technologique.
Le cas Cristel, https://www.cristel.com/, 25490 FESCHES-LE-CHATEL fabricant d’ustensiles de cuisine, illustre cette faculté de retournement conquérante.
L’entreprise fondée en 1826 et spécialisée dans la production de casseroles embouties, a fermé en 1979. Relancée sous forme de SCOP, elle échoue à nouveau et se trouve placée en redressement judiciaire en 1987.
C’est alors que la société est reprise la même année par une comptable et son mari qui invente une gamme de anses et poignées amovibles pour poêles et casseroles. https://www.cristel.com/fr/poignees .
Cette innovation dope vivement l’activité et surtout diffuse au sein de la maison une culture de recherche riche de promesses de croissance.
Ainsi, les derniers succès, concrétisés en particulier par le développement tout récent d’ustensiles en inox, exigent l’ouverture d’un deuxième site construit à proximité de l’usine originelle… sur une friche industrielle !
Ces deux exemples impressionnants illustrent la capacité de croissance et de résilience par la créativité.
Ils démontrent la nécessité de confiance et d’appui à apporter à nos entrepreneurs innovateurs.
Non seulement ces chefs d’entreprise méritent le soutien actif des investisseurs privés ou publics, les encouragements des pouvoirs politiques mais aussi et peut être surtout l’attention stimulante des citoyens, au delà de leur vocation de consommateurs exigeants.
Créer et susciter un environnement de soutien, au moins de compréhension bienveillante, au service de ceux qui entreprennent, stimulera l’ambition et confortera l’assurance des acteurs du développement.
Cette volonté passe prioritairement par la transmission d’une connaissance basique du fonctionnement d’une entreprise et d’une culture économique élémentaire.
Concrètement, ce climat porteur de croissance passe par trois piliers de notre société et de notre pays en particulier : l’enseignement, le monde de la communication médiatique, le milieu politique.
Reprenons simplement l’exemple de la décision d’un ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, qui, au début des années 2000 avait inscrit dans les programmes scolaires des classes de seconde des cours d’initiation à l’économie pour tous les élèves des filières générales et professionnelles.
Aujourd’hui supprimé, ce cursus simplifié reste totalement absent de l’enseignement. Réintégrons le et élargissons même son application adaptée au primaire. Il existait bien dans les programmes du Certificat d’Études dans les année 50 et…antérieures !
Puisse le monde médiatique, au delà de son rôle d’alerte et d’information sur les conséquences sociales d’échecs économiques graves, diffuser la connaissance de succès de marchés, de raisons de réussites, de retombées bénéfiques pour le pays et ses citoyens. Son indispensable contribution à la compréhension simple de l’entreprise, concourra à la formation et à l’attention bienveillante des français.
Puisse enfin le milieu politique national, à l’instar des élus locaux – municipaux, départementaux, régionaux – participer activement au développement des sociétés et groupes industriels, pour leurs parties prenante certes, pour la France surtout !
Autour de ces instances, soyons conscients de nos propres responsabilités à tous, sachons, chacun d’entre nous, susciter ce climat porteur d’innovation au soutien de nos entrepreneurs, allumons et attisons ensemble l’indispensable feu de la réindustrialisation.
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