Page d'accueil Regards sur l'actualitéPremier mai : les références absurdes des syndicats et de l’extrême gauche.

Premier mai : les références absurdes des syndicats et de l’extrême gauche.

par Bertrand Nouel
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On ne se bat pas contre les totems, surtout avec des astuces parlementaires. C’est ce que Sébastien Lecornu a dû rappeler à Gabriel Attal, qui voulait faire passer son projet de loi assouplissant l’interdiction du travail salarié le premier mai au profit des boulangers et fleuristes, en court circuitant le débat parlementaire, de façon à ce que la loi entre en vigueur dès cette année 2026.

Mais la qualification législative du Code du travail du premier mai comme jour férié et chômé obligatoire (ce qui signifie que l’employeur a interdiction de faire travailler ses salariés ce jour-là tout en devant les rémunérer) est un véritable totem des syndicats et de la gauche dans son ensemble, au point que le PS s’est cru obligé de menacer le gouvernement d’une motion de censure.

Le Premier ministre a d’autres sujets à régler plus importants que de risquer d’être censuré pour une mesure d’une signification économique quasi négligeable, quelle que soit la justification qu’il y ait de venir au secours de ces deux respectables professions.

Sur le fond bien sûr Gabriel Attal a raison, et il est stupide de crier à cor et à cri en faveur du pouvoir d’achat tout en interdisant à « Nicolas qui paye » de produire et vendre des produits lui permettant de mieux vivre et de remplir les caisses de l’État. D’autant plus que la proposition de loi ne fait que consacrer une timide exception, sans mettre à bas le fameux totem. Mais la raison d’État a ses contraintes.

Ce que nous voudrions souligner ici est le caractère plus que douteux de la référence historique au premier mai, pour exprimer la nécessité de pénaliser ces malheureux boulangers et fleuristes, au titre de la lutte des classes et de l’interdiction de l’exploitation marxiste de l’homme par l’homme.

Rappel historique

L’histoire commence avec la grève générale américaine du 1er mai 1886, dont l’objectif était la limitation du travail à 8 heures par jour, grève suivie par de graves troubles à Chicago. En juillet 1889, l’Internationale socialiste se réunit à Paris, et, à cette occasion, il est décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation en faveur de la journée de 8 heures, soit 48 heures par semaine, le samedi étant ouvrable à l’époque. Et c’est le 23 avril 1919 que le Sénat ratifie la journée de 8 heures et fait du 1er mai 1919 une journée chômée.

En 1941 le gouvernement de Vichy instaure le 1er mai comme fête du travail, mesure reprise en 1947 et c’est le 29 avril 1948 qu’est intégrée dans le Code du travail la disposition faisant du 1er mai une journée fériée, chômée et payée, la seule en France. Dès 1936 le Front populaire avait institué la semaine hebdomadaire de 40 heures et institué la troisième semaine de congés payés, consacrée par une loi de 1956.

Les conquêtes sociales ne se sont pas arrêtées là, puisque la quatrième semaine de congés payés fut consacrée par une loi de 1968, et la cinquième en 1982 (loi Auroux). Quant à la durée hebdomadaire de travail, elle passa de 40 heures à 39 à l’occasion de cette même loi Auroux, puis à 35 heures sous le ministère Jospin en 2000.

Comme le relève l’INSEE, en 1982, la durée annuelle du temps de travail des salariés a baissé de 337 heures depuis 1950. Cette baisse se décompose en 240 heures dues à la baisse de la durée hebdomadaire des salariés et 97 heures imputables aux autres effets, principalement le passage de deux à cinq semaines de congé mais aussi le développement du temps partiel ». La différence par rapport à 1950 atteint même 501 heures en 2006 !

On oubliera les tentatives pour instituer la semaine de 32 heures, tentatives qui semblent en sourdine actuellement.

Conclusion.

C’est donc en 1948 qu’est intégrée au Code du travail l’institution de la Fête du travail comme jour férié, chômé et payé obligatoire, et c’est cette date que prennent les syndicats comme symbole totémique de leurs conquêtes sociales.

Sauf qu’en 1948 la lutte sociale portait sur la commémoration de l’institution de la journée de 8 heures, qui datait déjà de 1919, et surtout que depuis la durée de travail annuelle a diminué de…501 heures !

Alors, vraiment, le projet contesté peut-il être considéré comme une « attaque contre un acquis social majeur » comme le prétend LFI ? Quel serait donc cet acquis, sachant que depuis le 1er mai qu’on est censé commémorer, 501 heures de travail annuel ont été supprimées, et les acquis sociaux se sont sans cesse multipliés ??? Jusqu’où faudrait-il encore multiplier ces acquis ? Tout ceci sans tenir compte de la situation dans les pays comparables avec qui nous sommes en compétition, le coût du travail restant un élément majeur du prix de revient.

Pour faire bonne mesure, LFI prétend répondre à cette question en proposant, par amendement au projet de loi, de créer sept nouveaux jours fériés ! Parmi lesquels une journée commémorant l’abolition de l’esclavage, ou encore « l’amitié » (?), et, le 4 août chaque année, l’abolition des privilèges… Nous sommes en plein délire. Et quelle perte de temps pour nos députés que ces débats surréalistes !

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