Ci-dessus les données présentées par Nicolas OSE sur TF1 il y a quelques jours et dont je n’ai pas de raison de douter de la véracité car ce présentateur est plutôt un Monsieur sérieux et que par ailleurs elles sont corroborées par les chiffres (exacts mais toujours discutables car ce sont des moyennes : il n’y a, en la matière, et compte tenu de la complexité fiscale française, quasiment que des cas particuliers).
Elles sont impressionnantes et appellent au minimum quelques commentaires :
1.
Nicolas « OSE » a choisi de montrer le cas d’un salarié très bien rémunéré, puisqu’avec un salaire net avant impôt de près de 300 000 euros annuels, il est largement dans les uns pour cent les mieux payés des revenus salariaux – lesquels ne sont pas forcément, nous y reviendrons, les seuls revenus.
2.
Insistons sur le fait qu’il va coûter à l’entreprise plus de 1,75 fois ce qu’il aurait pu toucher avant impôt, et 2,8 fois, ce qu’il va toucher après impôts.
3.
Soyons honnêtes, en échange de ces différentes « ponctions » il aura cotisé pour une série d’assurances sociales : santé, retraite, mais aussi pour toute une série de primes diverses : aide au logement, prime de transport, taxe d’apprentissage, retraite complémentaire, chômage etc… lesquelles sont automatiques et généralisées, même s’il existe des nuances entre les différents niveaux de revenus et de professions, que ces charges soient payées directement à l’entreprise ou défalquées de sa feuille de paye.
4.
Le quatrième étage de la fusée sont les impôts (ou plutôt l’IRPP) qui va amputer sa rémunération disponible de 37 % supplémentaires. Dans ce cas précis, le salarié coûte en fait à l’entreprise presque trois fois ce qu’il touche. (2,82 fois pour être exact). C’est, à ce stade, ce dont ce salarié, bien traité tout de même il est vrai, dans le contexte français, va disposer en principe pour payer ses dépenses et arbitrer lui-même ses choix.
5.
Le problème est que ce n’est pas fini ! À ce niveau de rémunération il est fort probable que vous serez propriétaire de votre résidence principale : comptez facilement 3 000€/an de taxe foncière, possiblement d’une résidence secondaire, facilement 2000€/an de taxe d’habitation, vous serez probablement redevable de l’IFI (de l’ordre de 5000€/an. Votre salaire net disponible diminue donc d’un bon 10 000 euros. À cela, il faut ajouter au moins la TVA : bien que son taux maximal soit de 20 % on estime en général que son incidence sur la consommation est plutôt aux environs de 10 % ( pour cause de taux différents ou minorés etc. ou des utilisations autres telles l’épargne, les investissements etc…). Si l’on y ajoute un peu d‘IFU sur les gains mobiliers, plus quelques droits de mutation ou taxes extraordinaires (tabac, essence ….), on doit atteindre aisément les 15 000 euros par an.
Le réel disponible net après impôts « globaux » est probablement plutôt de l’ordre de 160 000 € ! Soit en réalité moins de 30 % de ce que l’entreprise a déboursé !
6.
Au milieu de toute cette machinerie, l’État vous aura tout à coup subventionné pour les panneaux solaires, les voitures électriques, le ressemelage des chaussures, les préservatifs, le repas étudiant à 1€, le voyage scolaire, les réparations diverses ….l’État Nounou invente tous les jours de nouvelles clientèles, de futurs asservis, dans le meilleur des cas sur le budget général mais le plus souvent sur le dos des entreprises qui sont devenues soutien financier du transport , du logement, de la santé, ….la liste ferait peur à Prévert lui-même.
7.
Par ailleurs, vous pourriez avoir l’idée aussi bizarre qu’incongrue de faire des dons à vos enfants : sans trop rentrer dans le détail, il en existe deux sortes : les dons d’usage l’occasion d’événements mais en principe pas trop importants et les dons manuels qui sont limités et encadrés : aux dernières nouvelles 100 000 euros par enfant en ligne directe tous les 15 ans, susceptibles d’être repris dans les successions.
8.
Cerise sur le gâteau : la fiscalité des successions. Si votre choix personnel (et cela en est un), est de léguer une partie des fruits de vos efforts à votre descendance ou à des proches, voire des connaissances amicales, les limites commencent le plus souvent à la même somme, soit dans le cas examiné à un demi mois de « salaire net » après IRPP.
CONCLUSION : le cas retenu par Nicolas Ose n’est bien entendu pas celui de tout le monde mais le mécanisme est général et il est en compétition avec la situation des salariés dans les autres pays.
En France une entreprise va consacrer en définitive plus de 500 000 euros pour rémunérer un cadre dit supérieur pour que celui-ci en rende en fin de compte près de 400 000 à la machine étatique et fiscale, soit 5 fois le net disponible !!!!!. (très vite 3 fois pour un salaire moyen).
Soyons honnêtes jusqu’au bout : nous avons bien entendu des prestations en retour (retraite, santé, éducation…). Mais nombreux sont ceux qui considèrent que le compte n’y est pas et qu’ils préféreraient pouvoir arbitrer eux-mêmes leurs dépenses.
Quant aux entreprises ce sont peut-être les principales victimes de cette mécanique infernale : elles freinent délibérément les augmentations de salaire : trop chères ! et donc le niveau de vie qui s’évapore en fiscalités diverses qui grèvent leur compétitivité par rapport à des pays qui ont des charges sociales plus faibles. (grâce à un taux d’emploi beaucoup plus élevé).
Alors, les débats autour des 13 000 familles qui ne payent pas d’impôt sur le revenu (mais il y a tellement d’autres manières de taxer), voire les 30 000 de Monsieur le Ministre Lescure, sont vraiment de la délation démagogique et délibérée à forte consonance électorale.
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