Oui, l’Europe, à part quelques rares exceptions, accuse un retard considérable en termes d’innovations disruptives alors que l’innovation est la mère de la productivité et de la prospérité. Notre retard face aux États Unis et à la Chine est considérable, et la France est le pays le plus touché.
La FESDI (Foundation of the Economic Study of Disruptive Innovation, https://www.fesdi.org/fr ) et son blog animé par Olivier Coste et Yann Coatanlem en fait la démonstration.
L’analyse des coûts de restructuration (par l’analyse des rapports annuels des groupes ayant restructuré et des différents droits du travail) montre que les coûts de restructuration élevés, en Europe et en France, induisent un retard dramatique dans les semi-conducteurs, les logiciels, l’IA , le cloud et autres innovations de rupture.
Là où les acteurs d’innovation peuvent échouer et recommencer sans coût excessif, plus de 1,5% du PIB finance l’innovation disruptive. Là où l’échec est puni par des coûts exorbitants, c’est seulement 0,5%.
En effet, l’étude de 15 restructurations récentes en France montre une moyenne de coûts en mois de salaire de 38 mois, et sur une étude similaire, 31 mois en Allemagne, 52 Mois en Italie : ces pays ont raté les révolutions technologiques majeures contrairement aux États-Unis , mais aussi au Danemark et à la Suisse , qui occupent les premières places dans le classement mondial des innovation.

Les USA ont un coût de restructuration moyen de 7 mois de salaires, ce qui donne aux entreprises de la Silicon Valley une grande souplesse pour corriger leurs erreurs à un coût raisonnable.
Étonnamment, ils sont surclassés par deux pays européens, plutôt petits, mais avec une gestion très différente de la protection des salariés : La Suisse et le Danemark, respectivement numéro un et deux dans le classement mondial de l’innovation.
Prenons l’exemple du Danemark qui réforme son droit du travail en 1995 avec comme principe une protection des personnes et non des emplois : la fameuse flexicurité. Les entreprises peuvent licencier à moindre coût : en moyenne 3,3 mois de salaire et les employés licenciés sont protégés par un chômage généreux et de longue durée, avec une formation suivie très efficace.
Ce système a permis l’explosion de la R&D privée et la constitution de groupes très innovant en bio technologie comme Novo Nordisk https://www.novonordisk.com/ qui a pu restructurer à coût quasi nul et donc lui a permis de prendre des risques considérables dans la poursuite de ses recherches, avec le succès que l’on connaît.
La Suisse est un cas encore plus intéressant : numéro un de l’innovation mondiale (surtout dans les biotechnologies) le coût de restructuration moyen y est de 2,5 mois de salaire. Et pas d’interdiction d’embaucher pendant 2 ans suite aux plans de licenciement économiques, pas 12 mois pour faire accepter le plan par les autorité dites compétentes etc. .
L’échec en France (mais aussi en Allemagne , en Italie et dans une moindre mesure en Grande Bretagne ) est très coûteux et rend la prise de risque trop pénalisante . Il est à noter que les innovations disruptives naissent dans un processus où 90% des projet sont des échecs !
Pour en savoir plus, connectez vous sur le site FESDI dont l’étude longue et détaillée est très convaincante. https://www.fesdi.org/resources?type=article
Les grands pays d’Europe, et bien sur la France, doivent modifier leur approche du droit du travail.
L’exemple à suivre chez nous est sans doute le Danemark. Mais qui osera ?
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