Il est désolant de devoir débuter cette nouvelle année par une chronique annonçant aux Français que 2026 sera une année extrêmement difficile pour eux, au plan économique.
Le faste avec lequel les autorités du pays ont célébré le passage à la nouvelle année est trompeur : à Paris, les Champs Élysées étaient flamboyants, l’arc de triomphe se trouvait animé par une succession d’images remarquablement choisies qui défilaient sur sa façade, et la Tour Eiffel illuminée dominait en majesté, comme à l’habitude, la capitale.
On ne pouvait donc pas imaginer qu’en arrière-plan se trouve une France qui vit à crédit avec une économie à bout de souffle et une dette monumentale devenue une des plus importantes de tous les pays européens.
La France est un pays qui est en proie, depuis la Révolution de 1789, à des luttes sociales permanentes qui troublent le fonctionnement de la société et affaiblissent son économie.
Il faut bien voir qu’il existe un continuum allant des « sans-culottes » de 1789 déclarant « Il ne faut pas hésiter d’encourager la haine des riches, c’est-à-dire des méchants », à François Mitterrand avec, en 1981, son « Programme Commun de la Gauche » et les communistes à sa suite, en passant par la « Commune de Paris » en 1871, la « Charte d’Amiens » en 1906, le « Front Populaire » en 1936, et le Programme du « Conseil National de la Résistance » qui a été élaboré sous l’égide de la CGT et appliqué tel quel, en 1945.
Ce furent, chaque fois, des tentatives pour changer la société au profit des classes laborieuses : on n’y parvient pas, et l’on recommence donc, obstinément, dès qu’une occasion se présente : et, en 1945, il s’en est fallu de très peu !
Il faut réaliser qu’il s’agit, toujours, rien de moins que de tenter d’accaparer les biens de production détenus par des entités privées pour les transférer à la collectivité : on échoue, mais au moins gagne- t- on, à chaque fois, des avantages substantiels pour les travailleurs, des avantages que le législateur installe d’une façon durable dans la législation du pays. Et nous avons, aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon qui est à la manœuvre avec son parti « Les Insoumis » et le mouvement qu’il anime intitulé « Nouveau Front Populaire » (NFP) : il se pose en vrai révolutionnaire, et il gonfle d’illusions ses aficionados, leur disant « Votre vie aura changé pour le meilleur : un autre monde est possible ».
Sur « Contrepoints », du 18 Août 2025, Jean-Philippe Feldman nous dit : « Jean-Luc Mélenchon et Les Insoumis veulent rejouer les sans-culottes ». On se souvient que Robespierre avait dit « Les culottes dorées sont les ennemis des sans-culottes » : on en est toujours là ! Jean-Luc Mélenchon est notre nouveau Robespierre : il mène, à son tour, un combat contre les riches, déclarant dans un meeting à Angers : « Il est immoral d’être milliardaire : tout ce qui va aux plus riches a été retiré à ceux qui produisent ».
Ces combats ont, peu à peu, ruiné notre économie. Chaque fois, le projet était d’en arriver à une société meilleure, une société utopique où tous les hommes seraient égaux et où il n’y aurait plus d’un coté des « bourgeois capitalistes » et de l’autre des « prolétaires » exploités par des patrons inhumains. Le Programme de réformes du Conseil National de la Résistance s’appelait d’ailleurs « Les jours heureux » ; et le premier volet du « Programme Commun de la Gauche » de François Mitterrand s’intitulait « Vivre mieux, changer la vie ».
Tous les Français ne sont pas d’accord sur la manière d’accéder à un monde meilleur :
- pour les uns, c’est par le travail et la créativité, en entreprenant et en prenant des risques, et on les appelle des « libéraux » ;
- pour les autres, c’est en extorquant les riches, en exigeant d’eux qu’ils partagent avec les autres leurs richesses, ceci au nom des principes républicains de justice, d’égalité, et de fraternité, et on les appelle des « socialistes », ou, encore, des « communistes ».
Les combats entre ces deux catégories de Français sont permanents depuis la Révolution de 1789. A chacune de ces tentatives de changer la société des avantages substantiels sont obtenus par les travailleurs, et on les appelle des « acquis sociaux » ; et, ayant fini par devenir trop importants, ils réduisent la compétitivité des entreprises et alourdissent les comptes de la nation.
Du fait de ces combats permanents, l’économie du pays s’est trouvée peu à peu affaiblie. Le temps de travail annuel a été abaissé à 1680 heures, alors qu’il est de 1831 heures en Suisse et de 1750 heures au Danemark, le pays est devenu le plus désindustrialisé d’Europe, la Grèce mise à part, et notre population active est en manque de 5,5 millions de personnes qui se tiennent en marge de la société plutôt que de contribuer par leur travail à créer de la richesse pour le pays.
Et les pouvoirs publics, pour compenser les défaillances de cette économie en perdition, soutiennent le niveau de vie de la population par des dépenses publiques, notamment sociales, inconsidérées : par une approche économétrique simple on peut estimer que les Français sont entretenus dans un niveau de vie qui est 18 % supérieur à celui que l’économie du pays est capable de leur procurer.
Bien évidemment ce relèvement artificiel du niveau de vie des Français s’opère par le recours à des emprunts, si bien qu’on en est arrivé à un montant de dette record. La France en est donc là, aujourd’hui.
Les pouvoirs publics sont devenus incapables de maîtriser les dépenses publiques, le budget de l’État est en déficit chaque année de plus de 5 % du PIB, la croissance de l’économie est très faible, et la dette du pays coûte à l’État de plus en plus cher. Cette année l’Agence France-Trésor va devoir emprunter 310 milliards d’euros et elle devra le faire à des taux relativement élevés.
Les organismes qui prêtent de l’argent à notre pays commencent donc à s’inquiéter, les grandes agences de notation de la dette dégradent un peu plus chaque année la note de la France, et la menace d’une intervention du FMI se profile à l’horizon.
Aussi a-t-on vu, le 31 Décembre, notre Président, avec une mine déconfite, adresser au pays des vœux crépusculaires. Jean Luc Mélenchon a dit : « Quelque chose est cassé en lui » ; et Jean Philippe Tanguy, du RN, a écrit sur X : « ça va être long d’attendre 2027 ! ».
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