Lors d’une erreur manifeste de l’administration, on entend dire : « l’administration n’est pas en faute, elle manque de moyens » ainsi en est-il de l’incendie de Notre Dame pour lequel il n’y a eu aucun responsable !
L’administration défend bec et ongles ses décisions, même discutables, ainsi pour les réglementations sur le logement ou le décret pour la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Pour le logement, l’administration a établi une technique de diagnostic de performance énergétique (DPE) qui pénalise l’usage de l’électricité, alors qu’en France plus de 85% de l’électricité produite est décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydraulique. La Cour des comptes vient d’établir un rapport très critique sur ce DPE.
Un mauvais DPE entraîne une interdiction de louer et un système complexe de subventions dit « ma prime rénov » a été créé pour inciter à améliorer les logements ; sa conduite a été confiée à de nouveaux intervenants nommés par l’administration dits « accompagnateurs rénov » mais pas aux architectes. Le système vient d’être bloqué en raison de fraudes massives aux subventions.
L’administration a ignoré les avertissements des professionnels et aujourd’hui la construction neuve et la rénovation de l’ancien sont en forte baisse et le nombre de logements proposés à la location a été presque divisé par deux ! mais l’administration ne revient pas en arrière.
Le projet de décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie est caricatural de l’obstination de l’administration :
-il proposait dans sa première version un développement forcené de l’éolien et du solaire alors que le gouvernement a décidé la relance de la production d’électricité nucléaire, que la consommation est en faible croissance ou en stagnation depuis quelques années et que déjà actuellement il y a des périodes ou l’excédent de production éolien ou solaire doit être revendu à perte à l’export,
-cette première version a été fortement critiquée par l’Académie des Sciences et le Sénat pour qui cet excédent de production d’énergie « non pilotable », c’est-à-dire non adaptable à la consommation, serait un investissement non rentable et fragilisant le réseau électrique,
-récemment est sortie une PPE 3, si peu modifiée par rapport à la première, qu’un groupe de 164 sénateurs et l’Académie des Sciences se sont indignés du peu de cas que l’administration avait fait de leurs avis ; de plus, cette fois l’académie des sciences a pointé des incohérences de chiffres qui décrédibilisent le document et est allée jusqu’à dire que ce document « n’a pas le niveau de rigueur attendu d’une production des services de l’État ! »
-sur ces entrefaites l’assemblée nationale a proposé un moratoire sur les investissements éoliens et solaires tant que la PPE n’aura pas été discutée au Parlement.
Aussitôt l’administration s’est indignée de cette idée de moratoire pendant le temps de la réflexion alors que pour les permis de construire par exemple, elle pratique depuis longtemps le « sursis à statuer » qui bloque les projets le temps que l’administration réfléchisse !
Les services auteurs de ces règles ou documents comprennent de nombreux membres des corps techniques de l’État ; si leurs organes de réflexion internes ont fait des recommandations pour pallier ces dysfonctionnements, elles n’ont pas été rendues publiques. Quant à leurs organes représentatifs, ils semblent surtout préoccupés par la position de leurs membres sur la grille indiciaire.
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